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Violences contre les élus: pour Caroline Cayeux, "toute agression doit être sévèrement condamnée"

Caroline Cayeux à l'Élysée le 7 mai 2022.

Caroline Cayeux à l'Élysée le 7 mai 2022. - Ludovic Marin

Une proposition de loi visant à élargir l'arsenal législatif des élus agressés est débattue ce mardi soir au Sénat. Sur RMC.fr, la ministre déléguée chargée des Collectivités territoriales, Caroline Cayeux, estime qu'il faut montrer que "ça suffit", et voit en l'exemple de la séquence Cyril Hanouna-Louis Boyard une "banalisation inacceptable" des violences envers les élus.

Dans un contexte actuel où un animateur de télévision se permet de traiter de "merde" un député, le sujet des violences envers les élus trouve un écho particulier. Ce mardi, une proposition de loi de la sénatrice Nathalie Delattre (groupe RDSE - centre gauche) est débattue pour permettre aux élus d'être mieux protégés juridiquement après une agression. L'arsenal législatif actuel mis à disposition des élus ou des associations d'élus ne serait pas suffisant.

Caroline Cayeux, ministre déléguée auprès du ministre de l'Intérieur chargée des Collectivités territoriales, assure à RMC.fr soutenir ce texte avec le garde des Sceaux, bien qu'il soit présenté par des élus d'un autre bord.

"Toute agression d'un élu est intolérable et doit être évidemment sévèrement condamnée. Quand il y a une agression contre des élus, qu'importe le nom, c'est la République et la démocratie qu'on agresse", juge-t-elle.

"Pas une semaine ne passe sans que je sois amenée à passer un coup de fil à un maire pour le soutenir"

Alors que les chiffres du ministère de l'Intérieur font état d'une "centaine" d'agressions par mois depuis le début de l'année, Caroline Cayeux estime que "ça suffit" et que ce texte est une "nouvelle étape" en faveur de la protection des élus.

"Cela peut être des dégradations, des menaces, des outrages, des violences...", illustre-t-elle, expliquant qu'elle a elle-même vu son véhicule caillassé il y a une vingtaine d'années. "Il n'y a pas une semaine qui se passe sans que je sois amené à passer un coup de fil à un maire ou à un élu local pour le soutenir et lui apporter le soutien du ministère".

"Il faut quand même bien voir que derrière ces chiffres, il y a des personnes qui sont engagées au service de leur commune qui sont touchées. Quelquefois même, ce sont des vies qui sont perturbées, ou encore la vie de leurs proches", assure l'ancienne maire de Beauvais (Oise).

Ce nouveau texte proposé permettra ainsi d'accompagner les élus, et les inciter à aller en justice avec la possibilité pour les associations d'élus d'envergure nationale de se porter partie civile aux côtés des élus et leur permettre d'agir au niveau de la justice pénale.

Hanouna-Boyard: "Un excès inimaginable et inacceptable"

Avec un exemple récent de violences, verbales cette fois, qui s'est rajouté dans le débat public depuis jeudi dernier: la violente altercation verbale entre Cyril Hanouna et le député Nupes-LFI Louis Boyard en direct sur C8. Caroline Cayeux assure soutenir l'élu, malgré les désaccords politiques, et regrette une banalisation de la violence envers les élus.

"A la fois elle (cette séquence) la banalise, mais à la fois elle la montre dans un excès qui est inimaginable et qui est, je le dis, inacceptable", tacle-t-elle.

"En dépit des désaccords politiques que l'on peut avoir avec Louis Boyard, nous voulons soutenir, parce que il a été maltraité d'une façon inadmissible par Monsieur Hanouna. (...) Au titre de ma responsabilité, aux côtés de Gérald Darmanin au ministère de l'Intérieur, je ne peux pas l'accepter et nous pouvons pas l'accepter. Ces propos sont inadmissibles", conclut-elle.

Reste à voir si cette loi permettra, à terme, d'inverser cette tendance de violence envers les élus.

James Abbott