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Prisonniers basques: "On est condamné à faire tous ces voyages pour voir un proche"

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Plusieurs milliers de personnes manifestaient samedi à Paris pour réclamer la fin du régime d'exception pour les prisonniers basques.

Samedi, plusieurs milliers de personnes, basques français et espagnols ont voulu faire entendre leur voix. Ils ont manifesté à Paris pour demander la fin du régime d'exception pour les prisonniers basques condamnés pour leurs liens avec l'organisation séparatiste ETA.

Actuellement, 312 prisonniers et prisonnières basques sont incarcérés des deux côtés de la frontière, dont 62 en France, répartis dans une vingtaine d'établissements. Alors qu'un processus de paix est en marche (L'ETA a renoncé à la lutte armée en octobre 2011), les prisonniers basques sont considérés comme étant encore en lien avec une organisation terroriste et souffrent toujours de ce régime d'exception

"Mes fils doivent prendre un jour sans aller à l'école"

"Les prisonniers au pays basque", c'était le slogan scandé par la foule. Urtzi vient d'Hernani en Espagne. Son frère est emprisonné à Châteauroux, à 650 km de sa famille. "On a les parloirs le vendredi après-midi et le samedi matin. Ça veut dire que moi je dois sortir à 7h du matin de chez moi. Je dois prendre un jour de vacances au travail. Et mes fils doivent prendre un jour sans aller à l'école. Nous, on n'a pas été jugé, mais on est condamné à faire tous ces voyages pour voir notre proche".

En tête de cortège, le maire de Bayonne, Jean René Etchegaray. Il craint des débordements si ces détenus ne sont pas traités rapidement comme des prisonniers du droit commun. "On risque tout simplement d'aboutir à un risque de radicalisation au pays basque alors que nous sommes tous en marche pour faire en sorte que nous entrions dans une période apaisée de l'histoire du pays basque". La prochaine manifestation aura lieu à Bilbao le 13 janvier. 

Bettina De Guglielmo (avec A.M.)