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Régionales: même aisé, même habitant à Nice, on peut "être déçu par les politiques"

VOUS VOULEZ QUE ÇA BOUGE ? - Jusqu'au 6 décembre, date du premier tour des régionales, notre reporter Marie Régnier parcourt la France à la rencontre des électeurs. Ce jeudi, elle a rencontré à Nice, Thierry, un Français aisé. S'il "vit très bien", lui aussi se dit déçu de la politique.

Après une ville de banlieue parisienne dont les habitants se sentent relégués, des villages ruraux qui se vident et se sentent oubliés, des villes comme Sochaux où les parents s'inquiètent de l'avenir de leurs enfants, RMC poursuit son tour de France avant le premier tour des élections régionales, ce dimanche 6 décembre. Changement de décor ce vendredi. C'est à Nice, sur le port plus précisément, que la reporter de RMC a rencontré Thierry, 67 ans. Il est courtier en bateau de luxe : il les achète et les revend.

Il possède lui-même trois bateaux et il est ravi de nous en faire visiter un : un bateau de 27 mètres construit en 1982. Salle de bain, cabine avec lit double, plus les deux cabines pour les invités. Au milieu, on retrouve "le carré", l'espace salon, quoi, et la cuisine. On le sait mais Thierry le précise : "Le bateau, c'est une passion qui coûte cher". "On essaie que ça ne coûte pas trop cher. Mais, ça ne marche pas. Il faut avoir de l'argent pour avoir un bateau".

"Oui, je vis mieux que la moyenne des Français"

De l'argent, lui, il en a toujours eu. "Je suis né dans une famille bourgeoise et puis on a récupéré un certain nombre de choses (en héritage). Avec mes trois frères on a fait ce que l'on avait envie de faire. Bon, on gagne bien notre vie", explique Thierry. Se considère-t-il riche ? "Oui, je vis mieux que la moyenne des Français", reconnaît-il aisément. Mais il tient à préciser : "Je suis résident français et je paie mes impôts tout à fait normalement, avec des sociétés implantées en France.

Une fois entré dans son bureau, Thierry quitte sa casquette de navigant décontractée et retrouve celle de businessman. "Oui, je me fais plaisir, et j'ai réussi, mais pour bien gagner sa vie, pour se faire plaisir, et bien de temps en temps au boulot ça fait mal. Quand je pense qu'aujourd'hui, il y a des gens aux 35h qui disent qu'ils sont fatigués… Les hommes politiques leur ont mis dans la tête que c'était fatigant de travailler", s'agace-t-il avec une pointe de dépit.

"Les Français n'aiment pas leurs riches"

Il en est sûr, "les Français n'aiment pas leurs riches. Le sentiment général c'est que dès qu'on parle d'un patron qui gagne de l'argent, il y a 7 chances sur 10 pour qu'on dise : 'oh là là ce n'est pas bien, il a gagné plein d'argent'. Je pensais que ce pays était capable de se remettre en question". Malgré sa réussite, malgré sa coûteuse passion dont il peut jouir à tout instant, Thierry n'en est pas moins amer vis-à-vis des politiques. "Au moment des élections on vous promet tout, et le lendemain on vous dit que ce n'est pas possible. C'est pour ça que la politique me déçoit beaucoup".

"Ce pays est en train de vieillir", assène-t-il, soudain grave. Au point qu'il envisage même, mais peut-être est-ce un simple fantasme de marin, de quitter un jour notre pays en levant les voiles. "J'irais me balader avec mon bateau".

Philippe Gril avec Marie Régnier