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Réveillon du Nouvel An: le boom des soirées déguisées

Les boutiques de déguisements ont connu une affluence inhabituelle après les attentats du 13 novembre (photo d'illustration).

Les boutiques de déguisements ont connu une affluence inhabituelle après les attentats du 13 novembre (photo d'illustration). - Fred Dufour - AFP

Nombre d'entre nous ont semble-t-il choisi de passer la soirée du réveillon dans la peau de quelqu'un d'autre. Les vendeurs ou loueurs de déguisements ont constaté une hausse de fréquentation dans leurs boutiques depuis les attentats du 13 novembre. Reportage dans un magasin de Nantes.

C'est surement le meilleur moyen de décompresser et de tourner la page de cette triste année 2015. Dans les magasins de déguisements, on remarque une augmentation de l'affluence depuis les attentats du 13 novembre. Beaucoup ont opté pour la soirée déguisée pour le réveillon du Nouvel An, comme si endosser un costume, jouer à être un autre, permettait, l'espace d'une soirée, de mettre de côté nos états d'âme.

RMC est allée à la rencontre de ceux qui vont passer le réveillon déguisés, en allant furter au magasin "Tout pour la fête", en plein centre-ville de Nantes. Il faut se frayer un chemin entre les inévitables cotillons, chapeaux pointus et langues de belles-mères qui n'attendent qu'à se dresser en persiflant, et les costumes de super-héros ou de princesses dans lesquels vont se glisser pour un soir de simples anonymes.

De Toutankhamon à Daphné de Scoubidou

Au milieu de ce joyeux foutras, Eve, Loïc, Julien et Mathilde font la queue pour essayer, impatients, leurs costumes. "Pour l'instant je suis parti sur un masque de pharaon", nous dit, placide comme Toutankhamon, Loïc. Eve, elle, se voit en "Harry Potter". Julien, lui, voit plus grand : "Moi je suis parti sur Poséidon, ça en impose et c'est facile. Une barbe blanche, une couronne et je pensais me faire un trident avec un manche à balai, du carton et du papier alu". Pour Mathilde, ce sera "Daphné de Scoubidou". "Parce que le thème de la soirée c'est la lettre D. J'ai une robe violette et un collant violet, une perruque, un bandeau violet dans les cheveux et un foulard vert autour du cou".

D’habitude, Mathilde ne se déguise jamais pour le réveillon. "On a décidé le thème du Nouvel An le week-end des attentats. On s'est dit qu'on avait bien besoin de faire la fête et de faire les fous. Alors qu'on ne se déguise jamais on est partis sur ce thème du déguisement, pour lâcher prise, tout simplement".

"Il faut profiter ! On ne sait pas de quoi demain sera fait"

Depuis les attentats du mois de novembre, Charlotte, la patronne du magasin a accueilli plus de clients que d’habitude. "On a beaucoup plus de passages. Les gens nous disent : 'il faut profiter ! On ne sait pas de quoi demain sera fait, on ne va pas s'empêcher de faire la fête, bien au contraire'. Ça, ça revient très souvent".

Anita, une des vendeuses du magasin, tente même une quantification de cette nouvelle fréquentation. Selon elle, il y aurait cinq fois plus de clients que d'habitude dans la boutique. Elle a remarqué également que les gens avaient cette année des idées de costumes plus farfelues que d'habitude. "C'est du délire complet. Ce qui me fait le plus rire, ce sont les demandes pour des déguisements de fruits et légumes : en petits pois, en carottes, en bananes… Ça sort de tout le classique que l'on peut vendre comme le Zorro, le cow-boy, l'indien…"

Pour elle aussi, "ça reste important de se dire que l'on s'éclate pour une soirée, qu'on passe un bon moment. Les gens ont envie de s'évader un petit peu, de profiter de cette journée pour faire la fête et oublier, un court instant". Dessins animés des Années 80, cabarets ou encore paillettes et fluo seraient les thèmes de déguisement les plus en vogue cette année, selon Charlotte, la responsable de la boutique.

Philippe Gril avec Amandine Dubiez