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Accident mortel à Lyon: "On n’est pas sur des circuits", défend un ambulancier privé

Deux adolescents de 17 et 15 ans ont été tués lundi soir à Lyon. Ils circulaient à trottinette quand ils se sont fait faucher par une ambulance privée. Mise en cause, la profession se défend.

Trois jours après l’accident mortel entre une ambulance et une trottinette à Lyon qui a fait deux victimes mineures, le conducteur du véhicule est sorti de garde à vue mercredi soir.

Il a été mis en examen pour “homicide involontaire par violation manifestement délibérée d'une obligation de sécurité ou de prudence prévue par la loi ou le règlement” et placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de conduire un véhicule à moteur. Son véhicule roulait sur une voie de bus, quai du Maréchal Joffre à Lyon, pour porter assistance au Samu, quand il a percuté deux adolescents sur une trottinette.

Les circonstances de l’accident restent floues. Cependant, l'homme est déjà connu pour avoir commis de multiples infractions au code de la route par le passé.

Ce dernier conduisait une ambulance privée. Celles-ci peuvent être requises par le Samu et les véhicules sont alors considérés comme des véhicules de secours, comme la police, la gendarmerie ou les pompiers. Le non-respect des règles concernant les feux, les stops, les croisements, mais aussi les limitations de vitesse et les franchissements de lignes est alors permis. Mais l'urgence de leur mission doit toujours se faire "sous réserve de ne pas mettre en danger les autres usagers de la route" stipule le Code de la route.

Xavier est ambulancier à Lyon depuis 25 ans. Quand il a entendu parler de l’accident, lundi, il n’a pas été très étonné. Il prend l’exemple de la rue derrière lui.

“Ils ont rajouté, sur une voie unique, une voie de vélo mais ils n’ont pas étendu la voie de circulation pour les voitures. Les voies ne sont pas faites pour qu’on puisse rouler en toute sécurité, nous ou n’importe quelle voiture”, appuie-t-il.

Le partage des voies à revoir

Il reste prudent en attendant les conclusions de l’enquête,mais il veut défendre sa profession. Les ambulanciers ne sont pas des chauffards selon lui. “On transporte des enfants, des handicapés… On fait du secours, du social mais ce côté du métier, les gens ne le voient pas. Ils ne voient que la croix bleue et le gyrophare qui les double. On n’est pas sur des circuits, ce n’est pas du tout ça”, ajoute-t-il.

Pour le président de l’Association départementale des transports sanitaires Urgents du Rhône, Bruno Basset, il faut repenser le partage de la chaussée entre vélos, motos, bus, taxi, pompiers.

“Cet accident aurait pu arriver à n’importe quel autre type de véhicule de secours, à un bus. Je pense fondamental que l’Etat se saisisse de ce sujet-là pour rendre le sujet extrêmement lisible l’utilisation de ces chaussées. S’il doit y avoir des partages de voies, les choses doivent être très claires”, explique-t-il.

Il appelle aussi l’Etat à renforcer la formation des professionnels du secours, notamment dans la conduite d’urgence.

Lucile Pascanet avec Guillaume Descours