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Algues vertes: en Bretagne, les mesures de pollution de l'air bientôt publiées quotidiennement

La plage de Hillion en Bretagne est fermée depuis le mois de juillet à cause de la prolifération d'algues vertes. Ces algues dégagent un gaz toxique très dangereux quand elles pourissent ce qui inquiètent les riverains. Sous la pression du Haut conseil de la santé publique, la communauté de commune vient d'accepter de publier quotidiennement les mesures de pollutions de l'air pour les zones situées autour des plages polluées.

En Bretagne, les mairies vont publier les mesures de pollution de l'air autour des plages polluées par les algues vertes. Il y a un mois, nous vous parlions sur RMC de la plage à Hillion dans la baie de Saint-Brieuc. Une plage fermée depuis le mois de juillet dernier à cause des algues vertes qui dégagent un gaz toxique très dangereux voire mortel.

Des riverains de cette plage veulent avoir accès aux mesures de pollution de l'air en temps réel. Ces mesures sont faites entre fin mai et fin septembre, c'est là où il y a le plus d'algues sur les plages.

Jusqu'à présent, Ronan Kerdranon, président de la communauté de communes, avait toujours refusé de publier ces données quotidiennement, mais et c'est une information RMC, il a changé d'avis.

“L’engagement que je prends aujourd’hui, c’est qu’on facilitera la publicité et la transparence donc de l’ensemble de ces mesures. Dès que les mesures commencent, elles seront publiées. Les riverains, les réseaux sociaux, tout le monde aura la possibilité d’avoir ces indications. Soit on publiera un communiqué, soit on publiera sur un site internet ou alors si on peut avoir une application pour envoyer un sms pour dire à quel niveau est arrivée la mesure, on le fera. De toute façon, ces données-là seront publiées à minima sur le site internet de l’agglomération”, indique-t-il.

Mais alors qu'est-ce qui a fait changer d'avis la communauté de communes? Après la diffusion de nos reportages, le Haut conseil de la santé publique, une institution qui dépend du ministère de la Santé, a publié un avis sur les algues vertes. Il demande noir sur blanc à ce que les habitants aient accès aux mesures de pollution de l'air "immédiatement" et non pas une fois par an comme c'est le cas aujourd'hui. Et il faut que l'information soit facilement accessible donc par exemple via des SMS ou une application sur le téléphone.

Vers une aggravation du phénomène des algues vertes?

C'est donc une petite victoire pour les riverains, mais ce n'est pas la fin de leur combat parce que leur rêve, c'est de pouvoir retourner sur leurs plages, de pouvoir respirer de l'air non pollué. Sauf que tant qu'il y aura des algues vertes, ce ne sera pas possible. C'est donc en amont qu'il faut agir. Et ça aussi, le Haut conseil à la santé publique le dit. Il parle de " faillite" de la part des pouvoirs publics depuis 20 ans sur cette question des algues vertes.

“Ce Haut conseil souligne une ‘certaine faillite’, c’est dit gentillement. Et il est intéressant de lire également que ce Haut conseil prévoit une aggravation du phénomène des marées vertes liée au changement climatique. Ne serait-il pas temps de prendre le taureau par les cornes, de prendre le problème à la racine. Il faut revoir en profondeur notre modèle agricole et en particulier notre modèle d’élevage industriel intensif”, assure Annie Le Guilloux, présidente de l'association Halte aux marées vertes.

En attendant, on va bien sûr s'assurer que la communauté de commune tiendra sa promesse et que les riverains auront accès aux données sur la pollution de l'air le plus rapidement possible.

Marie Dupin et Anne-Lyvia Tollinchi avec Guillaume Descours