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"Ça ne sert à rien": une boulangère sceptique malgré les aides annoncées par le gouvernement

Malgré les annonces du gouvernement mardi pour les boulangeries en difficulté face à la hausse des prix de l'énergie, des artisans considèrent toutefois ces aides insuffisantes. Le Collectif pour la survie des boulangers et de l'artisanat appelle à manifester le 23 janvier prochain à Paris.

L'Etat vient en aide aux boulangers confrontés à l'envolée des tarifs d'énergie et des matières premières. Les 33.000 boulangers de France pourront "demander le report du paiement de leurs impôts et cotisations sociales" pour soulager leur trésorerie, a annoncé ce mardi la Première ministre Élisabeth Borne.

Ils pourront aussi résilier leur contrat d'énergie sans frais en cas de hausse "prohibitive" a ensuite annoncé le ministre de l'Économie Bruno Le Maire à l'issue d'une réunion avec les représentants des boulangers-pâtissiers. L'exécutif va aussi envoyer un courrier "personnalisé" aux boulangers de France pour les inciter à se saisir des aides déjà existantes tel que l’amortisseur électricité et guichet d'aide au paiement des factures de gaz et d'électricité.

Mais tout ça n’est pas suffisant pour Sylvie, boulangère à Chomérac en Ardèche. Sa facture au mois de janvier risque d'être multipliée par 5. Du jamais-vu pour sa petite boulangerie. “On passe de 2.000 à 10.000 euros par mois”, indique-t-elle. Et les aides de l'État, pour l'instant, elle n'y croit pas vraiment.

“Je ne m’attends pas à beaucoup. Si c’est que 1.000 euros, comme cela a été évoqué, ça ne fera rien, c’est cracher en l’air”, assure-t-elle.

La solution du changement de fournisseur?

La Première ministre a annoncé aux boulangers qu'ils pourront reporter le paiement des cotisations sociales et des impôts, une fausse bonne idée pour cette gérante. “Je suis désolé, mais ça ne sert à rien. Ça va nous aider sur le mois certes, mais pour combien de temps? Le mois d’après, on va devoir payer”, déplore-t-elle.

Pareil, changer de fournisseur d'électricité n'est pas une solution adaptée à ses yeux. “C’est pour aller où? Si c’est pour payer pareil chez un autre fournisseur, parce qu’on dépend tous d’EDF plus ou moins. Donc, forcément, à un moment donné, on va y revenir. Donc ça ne sert à rien”, pointe-t-elle.

Pour elle, c'est à l'Etat d'intervenir.

“Que l’Etat prenne à sa charge, bloque les prix, pour que les artisans puissent continuer à vivre. Ce n’est pas possible de prendre autant à des petites entreprises comme nous”, confie-t-elle.

Sylvie doit attendre la fin du mois et sa nouvelle facture pour connaître le montant des aides auxquelles elle aura droit.

Vincent Chevallier et Mahauld Becker-Granier avec Guillaume Descours