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Comment relancer la natalité? "Dans le quinquennat Hollande, il y a eu des mesures anti-familiales"

Le nombre de naissances en 2022 a baissé par rapport à 2021 et il n'a jamais été aussi bas depuis 1946. Pour Pascale Morinière, présidente de la Confédération nationale des associations familiales catholiques et invitée d'"Apolline Matin" ce mercredi sur RMC et RMC Story, la question est financière. Selon elle, il faudrait une politique familiale pour tous les Français et non pas seulement les plus démunis.

723.000 bébés sont nés en 2022, 19.000 de moins qu'en 2021. Un taux de natalité qui n'a pas été aussi bas depuis la sortie de la guerre, en 1946. Plusieurs raisons expliquent cette baisse, mais pour Pascale Morinière, présidente de la Confédération nationale des associations familiales catholiques, c'est l'aspect financier qui entre le plus en compte.

"Jusqu’en 2014, on n’était pas sûrs qu’il y ait une corrélation entre la natalité et la politique familiale qui était admirée un petit peu par tous en Europe. Dans le quinquennat Hollande, il y a eu tout un tas de mesures anti-familiales", a-t-elle expliqué dans "Apolline Matin" sur RMC et RMC Story, ce mercredi.

Elle cite notamment "l'abaissement par deux fois du plafond du quotient familial", "la mise sous conditions de ressources des allocations familiales" ou encore "la réforme du congé parental". D'après Pascale Morinière, "juste après, dès 2015, on a vu la natalité plonger".

Le désir d'enfant supérieur à la réalité

"En 2014, on avait encore 820.000 naissances, aujourd’hui on est à 723.000 naissances donc il y a pratiquement 100.000 naissances de moins qu’en 2014. On imagine une ville de 100.000 habitants rayée de la carte, c’est ça qu’il se passe", précise-t-elle.

Que faire alors pour relancer cette natalité? "Il faut développer une politique familiale, qui ne soit pas une politique sociale d’aide aux plus démunis, mais pour toutes les familles et pour aider les Français à avoir le nombre d’enfants qu’ils désirent", souligne la présidente de la Confédération nationale des associations familiales catholiques.

Pascale Morinière cite une étude sur le désir d'enfants par les Français, publiée en 2021. "Ils veulent 2,39 enfants, alors qu’aujourd’hui ils en ont 1,80. Il y a une marge de progression et si les Français n’ont pas le nombre d’enfants qu’ils désirent, c’est parce qu’ils n’en ont pas les moyens", estime-t-elle.

Des raisons très différentes et des conséquences

Il n'y a pas que la question financière. D'après un sondage Ifop publié par ELLE en septembre 2022, il y a l'aspect financier oui, mais surtout la soif de liberté, le dérèglement climatique et le fait qu'un enfant ne soit pas nécessaire à l'épanouissement personnel.

Pour autant, ces naissances pourraient être nécessaires au maintien d'une partie du système économique français. "Il faut soutenir la natalité car sinon, on le voit avec la question des retraites, on se retrouve dans une impasse. Nous n’aurions pas ce problème-là avec une natalité dynamique", ajoute Pascale Morinière.

Elle conclut: "Ce qu’on voit aujourd’hui, c’est que les femmes ont des carrières qui sont modulées en fonction de l’arrivée des enfants, elles s’arrêtent, elles reprennent. L’idéal, c’est qu’elles puissent choisir et que le couple puisse choisir ce qui est le mieux pour leur famille".

AB