RMC

Comment relancer la natalité en France? Il manque 45.000 naissances par an

Dans "Charles Matin" ce lundi sur RMC et RMC Story, Emmanuel Lechypre revient sur la baisse de la natalité en France ces dernières années.

Le ministre des Comptes publics, Gabriel Attal, a déclaré ce dimanche lors d’une interview télévisée que soutenir la natalité n’était absolument pas un tabou. Il faisait ainsi écho aux propos du Haut-Commissaire au Plan, François Bayrou, selon lequel il manque 45.000 naissances par an environ pour assurer le renouvellement des générations.

C’est vrai que depuis 2014, nous assistons à une diminution des naissances. Cette année-là, 818.565 sont nés. En 2020, année bouleversée par le Covid, on a enregistré seulement 740.000 naissances, un nombre qui n’avait jamais été aussi bas depuis 1945.

La politique familiale ne joue pas un rôle majeur

Comment s’explique cette baisse? Mécaniquement, par la diminution du nombre de femmes aux âges où la fertilité est la plus grande, c’est-à-dire de 20 à 40 ans. Le recul de l’âge du premier enfant, aussi. Sociologiquement, par le niveau de vie, l’articulation entre la vie privée et professionnelle, le souhait d’avoir des enfants…

Alors faut-il relancer les politiques natalistes? Les pays où la fécondité est la plus faible sont ceux où la venue d’un enfant impose le plus souvent aux femmes d’arrêter de travailler (comme l’Espagne et l’Italie). Les pays où la fécondité est la plus élevée (France, Suède, Royaume-Uni) sont ceux où conjuguer maternité et vie professionnelle est à la fois moins difficile et plus valorisé.

La politique familiale ne joue pas un rôle majeur en matière de fécondité, comparé à ces effets. La politique familiale française est importante et très diversifiée, même si elle peut être adaptée pour notamment fournir des aides dès le premier enfant.

Emmanuel Lechypre