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"Désolé de devoir aller embêter des gens": un militant défend les actions écologistes radicales

Les militants écologistes entreprennent depuis des semaines des actions non-violentes à travers l'Europe pour alerter sur l'inaction climatique. Victor, membre de Dernière rénovation, était invité sur le plateau des "Grandes Gueules" ce mardi sur RMC et RMC Story. Il a expliqué que le but était de faire parler pour ensuite pouvoir débattre des "vrais sujets". Face à lui, les chroniqueurs étaient divisés.

Depuis plusieurs semaines, des militants écologistes multiplient les actions pour alerter sur l'urgence climatique. À travers toute l'Europe, ils lancent de la peinture ou de la nourriture sur les vitres de tableaux célèbres ou ils se collent à des objets. Lundi, un jeune homme s'est accroché au drapeau du Panthéon à Paris. Ces actions font largement parler et sont l'objet de débats: c'est tout l'objectif.

"On pourrait bloquer les banques ou l’Assemblée nationale, mais les médias n’en parleraient pas. Là, le fait qu'on puisse venir parler des vrais sujets montre que cela fonctionne", explique Victor, membre de Dernière rénovation, invité sur le plateau des "Grandes Gueules", sur RMC et RMC Story ce mardi. Il s'est lui-même collé sur la scène de l'Opéra Bastille vendredi dernier et a passé 20 heures en garde à vue.

"Montrez-nous des choses qui n'ont pas été faites"

Les militants tiennent à rester non-violents et à ne rien détruire. Ils assurent qu'aucun n'objet n'a été abîmé jusqu'alors.

"L’art par essence est immuable et le fait d’aller jeter quelque chose sur une paroi de verre montre bien que le monde dans lequel on vit et dont on a tous l’impression qu’il est immuable, est en train de changer très rapidement", affirme de son côté le Dr Jérôme Marty. Pour lui, ces actions sont utiles. En revanche, il dénonce le fait de bloquer la circulation sur l'autoroute, comme ça a été le cas sur l'A1.

"Vous bloquez et ça ne sert à rien. Vous avez de l’imagination, alors montrez-nous des choses qui n’ont jamais été faites jusqu’à là", ajoute-t-il.

De son côté, Mehdi Ghezzar dénonce ces façons de faire. "Ça n’est pas la méthode à utiliser pour se faire entendre. Comme ça, vous allez vous faire détester des gens, vous n’allez pas vous faire apprécier." Pour lui, il faudrait passer principalement par les urnes.

Le collectif demande un plan de rénovation thermique

Le constat est partagé par Fabien, boulanger en Ardèche. "Je comprends tout à fait le combat, mais je crois que tu te trompes de cible. Au lieu de bloquer les gens qui travaillent, pourquoi tu ne bloques pas les gros pollueurs?", demande-t-il à Victor.

Le collectif "Dernière rénovation", dont fait partie Victor, lutte pour que le gouvernement mette en place "un plan ambitieux de rénovation thermique de tous les bâtiments à l'horizon 2040, avec une prise en charge totale pour les ménages les plus modestes".

Nacera, cheffe d'entreprise dans la métropole de Lyon et qui intervient régulièrement dans "Les Grandes Gueules", est favorable à ces actions. "Je suis fière qu’on ait des jeunes comme ça en France qui se battent pour une cause juste et importante", dit-elle avant d'ajouter: "On est arrivés à un point où on a tellement été conditionnés à ce modèle de société qu’on a du mal à s’en sortir, même si on sait qu’il y a un dérèglement climatique et que la planète n’est plus viable".

La seule urgence commune au monde?

Si certains militants sont plus âgés, la majorité d'entre eux sont jeunes. Cela fait sens pour le Dr Jérôme Marty.

"Le monde pourri qu’on est en train de leur laisser, c’est eux qui vont le prendre, donc c’est normal qu’ils s’engagent. Ils s’engagent politiquement pour la seule urgence que nous avons tous sur la planète."

Victor, lui, assure qu'il est "désolé de devoir aller embêter des gens", mais qu'il est "obligé d'agir à la hauteur de l'urgence climatique". "Nous continuerons à faire pression sur le gouvernement jusqu’à ce qu’un plan ambitieux de rénovation thermique des bâtiments soit mis en place", conclut-il.

AB