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"Choquant", "malaise", "hallucinant": élèves, profs et parents, réagissent à la présence envisagée de policiers à l'école

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Des policiers au sein des établissements scolaires. C'est l'une des mesures qu'a évoqué le gouvernement, ce vendredi, pour lutter contre les violences scolaires. Une manière de répondre aux incidents de ces derniers jours.

La semaine passée, une enseignante avait été braquée par un élève avec un pistolet factice dans un lycée de Créteil, dans le Val-de-Marne.

L'incident avait provoqué beaucoup de remous les jours suivants, notamment avec le hashtag, "Pas de vague". Des milliers d'enseignants ont témoigné sur Twitter de cas de violences dans leurs établissements ayant été étouffés, selon eux, par leur hiérarchie.

A Créteil, dans le Val-de-Marne, l'annonce n'est pas bien accueillie. Pour les élèves, surveillants, comme les professeurs, la réponse policière n'est pas la bonne.

"Rentrer dans un lycée et voir des policiers ça fait peur"

Pas question pour Lina 17 ans et lycéenne à Créteil de voir des policiers en uniforme dans l'enceinte de son établissement.

"C’est choquant qu’il soit nécessaire qu’il y ait des policiers dans un lycée parce que ça ne devrait pas se passer comme ça. Rentrer dans un lycée et voir des policiers ça fait peur. On ne se sent pas comme dans un lycée du coup, mais comme si on était dans un lieu public".

Même appréhension pour cette surveillante du lycée Saint-Exupéry à Créteil et pourtant, elle a déjà elle-même été agressée dans son établissement: "Je ne suis pas d’accord du tout. Nous on a un rôle éducatif et eux, c’est la répression. Il y aura un malaise. Leur place, elle est ailleurs".

"Les policiers sont nécessaires à l'extérieur"

Du côté des parents d'élève, la réponse du gouvernement est jugée inadaptée. Rodrigo Arenas est le président de la FCPE en Seine Saint Denis.

"Il est complètement hallucinant alors que tout le monde dit qu’il y a besoin d’une présence policière au sein des quartiers et dans le pays pour pouvoir lutter contre les trafics, qu’on fasse une réponse en terme d’effectifs dans les établissements alors qu’ils sont nécessaires à l’extérieur".

Mardi prochain, le plan contre les violences à l'école devrait préciser l'application de cette mesure.

Mahauld Becker-Granier (avec C.P.)