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Dans un collège où les portables sont interdits: "Les élèves échangent, se rencontrent, se sourient…"

Le ministre de l'Education nationale envisage d'interdire l'usage des téléphones portables au collège. RMC s'est rendu dans un collège de Bourges, où les portables sont bannis. Et tout le monde n'y voit que des avantages.

Pour que les collégiens lèvent le nez de leurs portables. Le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, invité ce lundi de Jean-Jacques Bourdin, aimerait interdire l'usage du téléphone portable dans les collèges. C'est une promesse de campagne d'Emmanuel Macron pour "protéger nos élèves de la dispersion".

Certains collèges n'ont pas attendu une éventuelle loi pour appliquer ce principe. C'est notamment le cas au Collège Littré, de Bourges, où RMC s'est rendu. Le portable y est indésirable depuis la rentrée. Et justement, depuis septembre, il y a de nouveau du bruit dans la cour. Filles et garçons jouent au foot, rigolent, discutent… une ambiance retrouvée depuis que le téléphone portable n’est plus autorisé. "C'est métamorphosant. Les élèves échangent, se rencontrent, se sourient... Des jeunes ados qui communiquent tout simplement, sans écrans interposés", se réjouit Odile Dépré, la principale adjointe, en jetant des regards sur la cour.

"Je ne suis plus perturbée comme avant"

Les élèves sont également plus concentrés et moins fatigués, selon le proviseur Jean-Claude Chevalier. "Dès qu'ils partaient de leur maison les enfants étaient déjà sur leur jeu. Et ils arrivaient en classe le cerveau saturé", raconte-t-il. Pour compenser cette perte de l'usage de leurs téléphones, les élèves se sont vus proposer par l'établissement des clubs de jeux et une activité sportive sur l'heure du déjeuner.

Et à la grande surprise de tous, cette déconnexion ne déplait pas aux élèves. Même les plus connectés comme Pauline. "Dès que je sortais des cours, je prenais mon téléphone, c'était un réflexe, raconte-t-elle. Maintenant c'est fini. Ça me fatigue moins les yeux, et je ne suis plus perturbée comme avant. C'est un mal pour un bien", reconnaît-elle.

Nathan, lui, apprécie de voir que cela a mis fin aux petites discriminations, lui qui n'a pas de portable. "Les autres élèves étaient tous sur leurs portables à répondre à leurs messages, à jouer au nouveau jeu qui venait de sortir… Moi qui n'en avait pas, je me retrouvais un peu tout seul. Je n'aimais pas trop les intercours du coup". Un succès unanime donc qu’il faut toutefois nuancer… "J'en connais certains qui répondent à quelques messages dans les toilettes", rapporte Nathan.

P. G. avec Charlotte Peyronnet