RMC

Emmanuel Macron à Marseille: où en sont les écoles, neuf mois après le lancement d’un grand plan?

Emmanuel Macron, le président de la République, retourne à Marseille ce jeudi pour faire le point sur le plan lancé en septembre dernier pour les écoles de la ville.

Emmanuel Macron se rend ce jeudi à Marseille avec le ministre de l’Education nationale, Pap Ndiaye. Ils viennent faire le bilan d’une expérience éducative lancée dans des écoles en septembre dernier. Souvenez-vous, le président de la République avait passé trois jours à Marseille et avait annoncé un grand plan pour les écoles. Il s'agissait de rénover des bâtiments vétustes et surtout d’innover et d’inventer "l’école du futur". Rien de moins.

Alors, neuf mois après le lancement de ce plan "Marseille en Grand", que s’est-il passé ? Seize chantiers de rénovation ont effectivement été lancés, ce qui n’est pas rien. Mais il reste du boulot puisqu'en tout, 174 écoles doivent subir des travaux. 400 millions d’euros ont été débloqués pour cela. Ces chantiers vont durer plusieurs années mais les promesses ont commencé à être tenues.

Et le chantier de rénovation pédagogique, où en est-il ? Dès l’automne dernier, les directeurs d’écoles primaires marseillaises ont été invités à faire un projet pédagogique. On leur a dit : imaginez l’école de vos rêves, vous aurez quelques moyens supplémentaires et la possibilité de recruter vos enseignants. C’est surtout cela, la révolution. Les directeurs d’écoles primaires n’ont absolument pas leur mot à dire sur les nominations des instits et ils n’ont pas d’autorité hiérarchique sur eux.

L’idée de cette expérience, c’est de leur donner plus de liberté et d’autonomie. 59 écoles marseillaises ont postulé et ont été retenues comme “écoles laboratoires''. Elles ont reçu en moyenne 40.000 euros pour créer des salles informatiques, une salle de cinéma, un labo de math ou bien encore un jardin. Mais surtout, les chefs d’établissement ont commencé à recruter les enseignants de leur choix. Si l'expérience fonctionne, le système pourrait un jour être étendu à toute la France…

L’école à son tour frappée par la crise des vocations

Cette question du recrutement est très importante, parce que l’école est à son tour frappée par la crise des vocations. Comme on manque de personnel soignant dans les hôpitaux, on va sérieusement manquer de profs. Les chiffres des concours qui viennent d’avoir lieu sont affolants. Il y a souvent moins de candidats que de postes à pourvoir. En particulier en région parisienne et dans trois matières: les maths, le français et l’allemand.

Jamais il n’y a eu aussi peu de candidats, ce qui oblige l’éducation nationale à revoir ses exigences. Et ce qui fait dire à un prof de philo, Adrien Louis, dans une tribune dans Le Figaro: "On s’est beaucoup inquiété de la baisse du niveau des élèves, mais le prochain problème, c’est la baisse du niveau des profs".

Faute de profs, les rectorats organisent en ce moment des "job dating". Cette semaine, c’est le rectorat de Versailles qui recrute 2.000 enseignants après de courts entretiens d’une demi-heure. Les candidats sont majoritairement des candidates, en recherche d’une reconversion. Un diplôme de bac +3 est demandé alors qu’il faut un master, bac +5, pour pouvoir se présenter au concours. Les candidats qui seront retenus cette semaine auront une formation d’une semaine en août prochain puis seront face à une classe dès septembre. Ils auront le statut de contractuel, c’est à dire prof en CDD.

Si on veut mieux recruter, il faudrait sans doute revaloriser les salaires. Il n’y a pas de secret. Le point d’indice des fonctionnaires et donc des profs a été gelé une dizaines d'années. Tout le mal vient de là. Les syndicats estiment que depuis 25 ans, le pouvoir d’achat des enseignants a baissé de 34%...

Un coup de pouce a été donné en 2021, puis un second cette année. Plus 29 à 57 euros par mois. Emmanuel Macron, dans son programme, a promis des augmentations plus substantielles mais en échange de nouvelles tâches, comme l’aide au devoir ou le remplacement des collègues absents. Le nouveau ministre de l’Education, Pap Ndiaye, a reçu les syndicats la semaine dernière. Il les a écoutés mais ne leur a encore annoncé aucune date, ni aucun montant pour les revalorisations…

Nicolas Poincaré