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"Il était harcelé régulièrement": un collégien de 13 ans se tue sur fond d'homophobie

Un jeune collégien de Golbey (Vosges) s'est donné la mort samedi 7 janvier. Âgé de 13 ans, il subissait des moqueries dans son quartier et au sein de l'établissement scolaire.

Lucas, 13 ans, a mis fin à ses jours le samedi 7 janvier à son domicile, à Golbey, près d’Epinal dans les Vosges. Un suicide sur fond de harcèlement scolaire et d’homophobie, alors que le jeune homme assumait son homosexualité. Pour cela, il était moqué par certains de ses camarades. Une situation qui avait été pointée du doigt par les parents.

Lucas et sa mère ont fait état de "moqueries" liées à l'orientation sexuelle de l'adolescent dès la première réunion parents-professeurs, en septembre 2022. A 13 ans, Lucas assumait donc pleinement son homosexualité, que ce soit dans sa famille, auprès de ses amis, qui décrivent tous un adolescent très joyeux.

"Il avait toujours le sourire, ce petit ! Toujours agréable, toujours attentionné, toujours spontané, toujours plein de rêves et d'envies", assure Stéphanie, une proche de la famille.

"Il était harcelé régulièrement"

Mais depuis de longs mois, dans son quartier mais surtout au collège, le jeune homme subissait des moqueries, des insultes…

"Il était harcelé régulièrement par rapport à sa tenue, sa façon d'être, à ce qu'il dégageait. Il était entier donc il ne se cachait pas. Cela dérangeait peut-être certaines personnes qui n'osaient être aussi entières que lui."

Et son mal-être, Lucas ne le dissimulait pas. "Il en a parlé à sa maman qui a bien réagi en appelant la CPE, le principal... En rentrant de l'école, il se plaignait de ce qu'il vivait encore et encore. Sa maman a appelé au secours à plusieurs reprises. Le milieu scolaire, où il passait les trois-quarts de son temps, n'a pas réagi comme il fallait."

"La situation a été prise très au sérieux par l'établissement, par le professeur principal", assure Valérie Dautresme, directrice académique des services de l'Éducation nationale dans les Vosges. Avec, sans attendre, une intervention auprès de l'équipe pédagogique et des élèves.

Une plainte va être déposée

Une enquête est en cours et la famille va déposer une plainte pour faire toute la lumière sur ce drame, comme l’explique Maître Catherine Faivre, l’avocate de la famille: "Il y a toute une série de chaîne de responsabilités qui peuvent être recherchées et engagées si en effet les éléments d'une infraction ont été constitués".

Plus de 7.000 euros ont été récoltés dans une cagnotte en ligne pour aider à payer les obsèques du garçon, qui auront lieu ce samedi à Épinal. Une cérémonie civile ouverte aux proches.

Mahauld Becker-Granier (édité par J.A.)