RMC

"Il est rentré et il a pleuré": un papa témoigne sur le harcèlement scolaire, avec une forte émotion

Dans "Apolline Matin" ce vendredi sur RMC et RMC Story, un auditeur a raconté le cas de son fils, victime de harcèlement scolaire, avec beaucoup d’émotion.

Des larmes interrompent rapidement son récit. Yohan, un auditeur RMC de Charente-Maritime, a raconté dans "Apolline Matin", ce vendredi sur RMC et RMC Story, le harcèlement scolaire subi par son fils au collège. "Il est rentré en 6e en septembre, confie-t-il. (Pleurs) Je suis papa de cinq enfants, et atteint d’une grave maladie depuis très peu de temps. J’ai vu mon fils rentrer le soir, pas bien, avec les larmes aux yeux. Il ne disait rien. Avec sa maman, on s’est posé beaucoup de questions. Un soir, il est rentré de l’école et il nous a dit: ‘Il y a une petite fille qui me frappe, qui me fait des croche-pieds, qui n’est pas gentille avec moi’. On lui a demandé s’il en avait parlé à la prof principale. Il nous a dit oui et elle a dit ‘ok, d’accord’, sans réaction de sa part. Mon fils a continué l’école. Ses notes sont restées correctes. Il y a une semaine, il est rentré et il a pleuré. Il ne voulait plus aller à l’école. Il avait la diarrhée, mal au ventre… Tous les symptômes d’un enfant qui est dans un mal-être profond."

Le papa et la maman de ce jeune collégien ont prévenu la direction de l’établissement. Mais selon eux, les mesures sont insuffisantes. "Ils ont dit qu’avec cette petite fille-là, il y avait déjà eu des problèmes, des remontées, explique Yohan. Et qu’elle allait prendre des heures de colle. Mon fils est rentré mardi en disant que cette petite fille l’avait traité de ‘batard’ et qu’elle avait été très violente, encore une fois. Ma femme s’est déplacée au collège et a signalé au CPE que notre enfant n’était pas bien. Ils lui ont dit qu’elle allait faire des heures de colle. (…) Ils ont osé nous dire de voir si notre fils n’était pas faible. On a l’impression que la faute vient de la personne qui se fait agresser, alors que c’est l’agresseur qui a un problème. Là, c’est mon fils qui a la boule au ventre le matin."

"On trimballe le problème et on ne le résout jamais"

Pour Hugo Martinez, fondateur et président de l’association Hugo qui lutte contre le harcèlement scolaire, après en avoir été lui-même victime, l’accompagnement des élèves sur ce sujet-là est trop souvent absent. "On trimballe le problème et on ne le résout jamais, estime-t-il. Notre nation ne protège pas nos enfants. Là, il faut une prise en charge de la jeune fille, comprendre ce qu’il se passe, s’il y a un contexte familial difficile, si elle a besoin d’une aide psychologique… Dans huit cas sur dix, ces enfants harceleurs souffrent autant qu’ils font du mal. Il y a un problème à l’origine de cette haine d’autrui, de cette violence contre ses camarades de classe." Pour le fils de Yohan, il faut "un accompagnement complet, avec des professionnels de santé", selon Hugo Martinez, et "essayer de trouver une passion avec laquelle il peut se reconstruire et reprendre confiance en lui". Et retrouver l’envie d’aller à l’école, sans crainte.

LP