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Je n’arrivais plus à manger, j’ai perdu 13 kilos: le calvaire de Marina, qui a testé la drogue Buddha Blue

C’est la drogue "à la mode" qui sévit dans les lycées français: la jeune femme raconte avoir sombré.

C’est la drogue à la mode qui sévit dans les lycées français, on l'appelle le Buddha Blue où le PTC pour "pète ton crâne". Une drogue de synthèse, consommée en France depuis environ 2014, qui contient une substance qui agit sur les mêmes récepteurs que le cannabis mais a des effets plus puissants.

Depuis la rentrée, des cas d'intoxications à cette drogue de synthèse ont été signalés dans plusieurs établissements scolaires de Normandie. Avec une toxicité élevée, les implications sur le corps sont également plus nombreuses: dépression, hallucination, tachycardie, perte de conscience ou dépression respiratoire.

Marina, lycéenne de 19 ans à Caen, a consommé le Buddha Blue pendant plusieurs semaines. Quand ses amis lui proposent de tester le Buddha Blue acheté devant son lycée, Marina, 19 ans, cède à la curiosité et l’effet est immédiat.

"On se sent tout léger, on rigole énormément, on comprend plus trop, on a du mal à parler. Je me sentais défoncée comme avec un joint", explique-t-elle. 

"J'avais des crises d'angoisse tout le temps"

Après quelques semaines, la jeune fille est victime de pertes de mémoire, d’angoisses et de tachycardie. Elle se voit même mourir, un soir, tellement son cœur s’emballe et décide d’arrêter, non sans mal. 

"Je n’arrivais plus à manger, j’ai perdu 13 kilos, je ne sentais plus les membres de mon corps, j’avais des sueurs énormes. Je faisais des cauchemars en permanence, je me réveillais en sueur et j’avais des crises d’angoisse tout le temps", raconte la jeune femme. 

Marina a réussi à arrêter et pour Grégory Lange, chef de service de l’Agence nationale de prévention en addictologie de l’Eure, le profil de la jeune fille correspond à ses observations.

"On a très rarement des personnes qui vont développer une relation de dépendance avec ce produit-là. On a plutôt des jeunes, de moins de 25 ans qui vont l’essayer par curiosité, mais on a très vite des effets secondaires qui font qu’on va revenir vers le cannabis", indique-t-il.

Illégal et classé sur la liste des stupéfiants depuis 2017, le Buddha Blue se trouve pourtant très facilement sur internet ou devant certains lycées.

Olivier Chantereau avec Guillaume Descours