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La pénurie de professionnels en crèche et à l'école menace la rentrée

À la crèche, à l'école, au collège et au lycée, la pénurie de professionnels encadrants menace la rentrée 2022. 15.000 conducteurs de cars manquent par exemple à l'appel.

Il n'y a pas que dans l'alimentation que l'on connaît des pénuries. L'accueil des plus jeunes et l'école sont aussi confrontés à une forte pénurie professionnelle. À tel point que la rentrée 2022 apparaît presque impossible en matière de logistique et d'intendance. Il manque par exemple 15.000 chauffeurs de cars scolaires. Et chez les plus petits, on manque de professionnels en crèche. Et dans la restauration scolaire aussi, on manque de bras. La Fédération française des entreprises de crèche estime qu'il faudrait former en urgence 30.000 professionnels.

"Je suis conducteur de car scolaire et je ne serai pas là à la prochaine rentrée, assure Régis, conducteur de bus scolaire dans l'Aisne, ce mercredi sur RMC. J’ai un contrat de 28h en contrat partiel. Ma paye est de 750 euros par mois, lissée sur 12 mois. Je suis rémunéré lors des vacances scolaires".

"J'ai une amplitude de 13 heures de travail"

Mais en contrepartie, il est soumis à une forte amplitude de travail. "J’ai une amplitude de 13 heures de travail. J’attaque le matin à 6h30 pour finir le soir à 19h30. C’est comme un médicament, matin, midi et soir. Et entre ces services, on peut nous mettre des extras", explique Régis.

Il peut alors être appelé pour accompagner des élèves lors de sorties sportives ou culturelles. "On peut donc faire des semaines de 40h. On nous paye alors en heures complémentaires qui sont beaucoup moins rémunérées que les heures supplémentaires", assure le conducteur de 58 ans.

Un plan d'urgence pour les métiers de la petite enfance réclamé

Dans le secteur de la petite enfance, on dénonce l'absence de vocations et un parcours universitaire en inadéquation avec le métier. "Nous voulons proposer des modes d’accueil dignes de ce nom et nous en sommes incapables. Nous n’arrivons plus à recruter", explique Clotilde Robin, première adjointe au maire de Roanne (Loire), et co-présidente groupe de travail "petite enfance" de l'Association des maires de France (AMF).

"Il y a urgence de développer de nouvelles filières de formation, accessibles financièrement, à proximité des zones où les besoins sont les plus importants, Nous demandons donc la création d’un plan métier en urgence", appelle-t-elle.

L'autre point de crispation du secteur, la baisse des vocations chez les assistants maternels et les agents qui travaillent dans les structures d’accueil collectif. "Cette baise de vocation s’explique par un travail difficile, mal rémunéré, peu reconnu et qui a connu une mutation ces dernières années. On ne fait plus que changer les couches, on est dans un véritable accompagnement et un soutien à la parentalité", explique Clotilde Robin.

Guillaume Dussourt