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Macron réclame une "tenue décente exigée" à l'école: que dit le règlement de l'Education nationale?

Le retour de l'uniforme? Pas encore, mais les propos de Jean-Michel Blanquer sur les tenues des jeunes filles à l'école font polémique. Mais que dit le règlement?

C'est une petite phrase qui pourrait bien faire ressurgir une (vieille) polémique: dans un entretien avec le magazine Elle, Emmanuel Macron s'est dit une nouvelle fois hostile, comme son ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer, au crop top à l'école.

"À l'école, je suis plutôt +tenue décente exigée+, aussi bien pour les filles que pour les garçons. Tout ce qui vous renvoie à une identité, une volonté de choquer ou d'exister n'a pas sa place à l'école. On peut tenir compte de la part de fantaisie d'un ado et tenir bon sur certains principes." 

A la rentrée dernière, Jean-Michel Blanquer suscitait la polémique après sa sortie sur les "tenues correctes" exigées dans certains collèges et lycées, parlant alors de tenue "républicaine". Cette polémique était née après des appels sur les réseaux sociaux de collégiennes et lycéennes à défendre le port de la mini jupe ou du "crop top" (T-shirt court) interdit dans certains établissements. 

"Tenue convenable"

Dans l'Éducation nationale, le contrôle des tenues vestimentaires relève des règlements intérieurs de chaque établissement: autrement dit, chaque directeur a la possibilité de demander que soient proscrits certaines tenues ou certains vêtements. Mais l'Union nationale des lycéens (UNL), qui soutient la mobilisation, a pointé le "flou juridique" entourant ces règlements. 

Si un texte de 2004 interdit les signes religieux ostentatoires, une circulaire interministérielle de 2011 évoque simplement une "tenue convenable" dans les écoles, collèges et lycées, sans davantage de précisions. 

L'uniforme 

Les établissements doivent pourtant respecter le principe de liberté vestimentaire: ils ne sont pas là pour poser des interdits moraux mais pour prévenir des troubles potentiels.

L’avocat en droit public Louis le Foyer de Costil cite un exemple: "On ne peut pas prohiber les jupes ou les décolletés, mais on peut le faire pour les strings". Cela vaut pour les établissements publics. Les privés, eux, ont un peu plus de marge de manœuvre puisque l’élève en incarne l’image, comme un salarié représente son entreprise par exemple.

Alors vers un retour de l'uniforme à l'école? Depuis la fin de la "blouse" en 1968 dans les écoles primaire et secondaire, le débat refait régulièrement surface, avec plusieurs questions-clés, dont notamment celle de l'égalité des chances.

La rédaction de RMC (avec AFP)