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"On a vraiment l'impression d'être tous seuls": face aux difficultés, les directeurs d'école réclament du soutien à l'Éducation nationale

Deux directrices d'école de Mantes la Jolie, dans les Yvelines ont répondu à la consultation de l'Éducation nationale. Elles réclament de l'aide car elles sentent aujourd'hui , "toutes seules".

Fatigue, stress... Les directrices et directeurs d'école demandent du renfort pour les aider à faire face à leurs tâches quotidiennes. C'est ce qui ressort principalement d'une consultation lancée par le ministère de l'Éducation, à la suite du suicide d'une directrice d'école à Pantin fin septembre. 29.000 directrices et directeurs d'écoles ont répondu à la consultation. 

Une salle de classe, deux directrices d'école, côte à côte, qui confirment les résultats de cette consultation. Patricia et Conception, occupent ce poste depuis respectivement 20 et 16 ans. 

"Un directeur d'école, il est au front 24h sur 24h c’est-à-dire toute la journée. Là, ça commence à devenir difficile", confie Conception. 

Les tâches administratives s'amoncellent. "On a des questionnaires tous les quatre matins. Des enquêtes, des comptes-rendus", détaillent les deux directrices. Et les sollicitations sont constantes. 

"Il faut aller ouvrir, fermer les portes, répondre au téléphone. Il y a des collègues qui ont des petits problèmes: des néons qui clignotent, des toilettes bouchées. Il faut que l’enseignant qui est en direct soit complètement disponible. Et puis on est tout seul quoi. On a vraiment l'impression d'être tous seuls", confient-elles. 

Un quotidien de plus en plus difficile à gérer

Comme plus de la moitié des directrices et directeurs d'école interrogés, Conception demande donc des renforts. "On a besoin d’une aide administrative, mais une réelle administrative, de secrétaires, qui ont des diplômes. On a des comptes à rendre quand même", explique-t-elle. 

Pour Patricia, le gouvernement doit entendre les besoins du terrain. Cela devient urgent.

"La question la plus importante pour nous, c’est le quotidien. Comment on peut faire ce métier sereinement dans ces conditions?", se demande-t-elle. 

De nouvelles concertations entre les syndicats et le ministre de l'Éducation nationale doivent débuter mardi prochain.

Marie Monier avec Guillaume Descours