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Trop laxistes les grands-parents? "On fait ce qu'on pense être bien, après les parents réajustent"

Une étude menée par des chercheurs écossais estime que les grands-parents sont trop laxistes avec leurs petits-enfants, les accusant de trop ou mal les nourrir et de ne pas assez les faire bouger. Les grands-mères interrogées par RMC parlent plutôt de bienveillance et évoquent les liens tissés et les souvenirs façonnés.

Les grands-parents sont-ils trop laxistes avec leurs petits-enfants? C'est la conclusion d'une étude réalisée par des chercheurs écossais dans 18 pays. Selon l'étude menée par l'université de Glasgow, les grands parents provoquent la suralimentation des petits et le manque de mobilité! Jusqu'à mettre en danger la santé des petits, et augmenter le risque de cancers!

Trop laxistes les papis et mamies ? On pourrait le croire à écouter Claudine, qui accueille ses 3 petits-enfants à la maison plus de deux mois par an. Au programme: "Tablettes, écrans… on leur fait tout ce qu'ils veulent, reconnaît-elle. Et pour manger, on leur demande le menu qu'ils veulent". Le tout, sans se préoccuper du regard des parents. "On fait ce qu'on pense être bien pour nos petits-enfants, après si ça ne plaît pas aux parents… Ils réajustent ensuite."

"Papa et maman sont moins indulgents que papi et mamie"

Réajuster, c'est justement ce que s'emploie à faire Olivia, quand elle récupère ses deux enfants. "Nous sommes moins indulgents. Avec papa et maman, pour le coup, ils retrouvent les règles habituels", explique-t-elle. Une compensation qui permet un bon équilibre entre la santé et l'affectif, selon Florence Beuken, thérapeute familiale. "Les grands-parents n'ont plus ce rôle éducatif qu'ils avaient eux-mêmes en tant que parents. Donc ils vont se permettre plus de choses pour être complètement dans le relationnel avec leurs petits-enfants. Et faire plaisir fait partie de ces liens qu'on va garder toute sa vie".

"Des moments magiques"

Ces souvenirs pour la vie, cette complicité que l'on garde au fond du cœur, c'est ce que met également en avant Armelle Le Bigot-Macaux, présidente de l'École des grands-parents européens, qui a elle-même 4 petits enfants. "Mes enfants savent très bien que chez moi, on mange plus de bonbons que chez eux. C'est évidemment une preuve d'amour et de complicité", souligne-t-elle. "Cette étude fait passer l'idée que nous sommes quelque part malveillants. Non, on peut parfois être maladroit, mais tout ça dans une bienveillance merveilleuse qui fait qu'on inscrit dans la vie de nos petits-enfants des moments magiques dont ils se souviendront plus tard".

P. G. avec Mahauld Becker-Granier