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Violences à l'école: près d'un directeur sur deux a été insulté en 2021

Les différends entre parents d'élèves et professeurs se banalisent. Près d’un directeur d’école primaire sur deux a été insulté au cours de l’année 2020-2021. C’est ce que révèle une enquête confiée à Georges Fotinos, ancien chargé d'Inspection générale.

Près d'un directeur d’école primaire sur deux (44%) a été insulté au cours de l’année 2020-2021, selon une étude de la Fédération des délégués départementaux de l'Éducation nationale. L'étude réalisée par Georges Fotinos, chercheur et ancien chargé d'Inspection générale, démontre que ces violences proviennent le plus souvent de parents d'élèves. Un tiers des interrogés estiment même que cette violence est en hausse.

Outre la violence verbale, 8% des directeurs et directrices d'école affirment avoir été bousculés, et 5% d'entre eux disent même avoir été frappés, majoritairement par les élèves, puis les parents.

Pour cette étude, ce sont près de 3.000 directeurs d’écoles qui ont été interrogés partout sur le territoire et les conclusions sont frappantes. Près d’un directeur d’école sur deux affirme que les différends avec les parents d’élèves sont désormais plus nombreux, 47% exactement, et ce de la maternelle au CM2. Un constat corroboré par les syndicats d’enseignants…

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Le tabou de l'enseignant n'existe plus

À l’origine de ces conflits, les tensions liées au Covid bien sûr, autour de la garde des enfants, du port du masque, mais aussi sur fond de remise en cause du principe de laïcité. Une école sur trois a connu des tensions autour de cette question.

“C’est un problème vraiment majeur maintenant, la relation avec les parents dans les écoles. Vous avez une école sur trois où il y a des différends par rapport aux programmes à cause de questions religieuses. Par exemple, il y a des parents qui ne veulent pas que leurs enfants aillent à la piscine. Pendant très longtemps, l’instituteur, le professeur, était tabou. Et maintenant, ce tabou est tombé”, appuie Georges Fotinos.

Des différends qui se traduisent essentiellement par des insultes, mais aussi par du harcèlement voire des agressions physiques dans 5% des cas. 

Romain Houg avec Guillaume Descours