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Grande-Synthe: "Je n'exclus pas d'ouvrir un camp humanitaire si le problème n'est pas pris à bras le corps par l'Etat"

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La mairie de cette petite ville du Nord a lancé un cri d'alerte au début du mois dans une tribune publiée dans Libération et dénonce l'inaction de l'Etat face aux arrivées toujours plus nombreuses de migrants.

C'est "à nouveau la jungle à Grande-Synthe". Les migrants qui rêvent de traverser la Manche pour l'Angleterre s'entassent dans cette commune près de Dunkerque.

Et malgré les évacuations qui ont lieu chaque semaine pour placer les migrants dans des centres d'hébergements, ils sont de plus en plus nombreux dans les rues de Grande-Synthe cet été. Ils sont près de 700 actuellement, une centaine de plus qu'en début de semaine, dans des abris de fortune ou sous des tentes entre le centre-ville et l'autoroute.

La mairie demande des conditions d'accueil dignes mais le gouvernement refuse d'ouvrir un nouveau camp humanitaire par crainte d'un appel d'air, et évacue toutes les semaines des dizaines de personnes vers des centres d'hébergements.

"Si la progression continue, on n’y arrivera plus"

Mais ces mises à l'abri sont inefficaces pour ceux qui gèrent l'accueil comme ils le peuvent. Et les migrants sont de plus en plus nombreux à dormir dehors près des chemins de fer, au point de surprendre les associations d'aide.

Claire Millot de Salam n'avait pas suffisamment de repas à leur distribuer ces derniers jours: "On n’a pas eu assez à manger pour tout le monde. Mais de tout façon, il va arriver un moment, si la progression continue, où on n’y arrivera plus".

"On voit beaucoup de têtes connues qui reviennent"

Au moins 100 personnes supplémentaires sont arrivées cette semaine, malgré les évacuations hebdomadaires menées par les forces de l'ordre vers des centres d'hébergement plus éloignés :

"On voit beaucoup de têtes connues qui reviennent et puis il y a des nouveaux qui arrivent. La décision de ne pas passer en Angleterre on ne peut pas la faire prendre aux gens en les mettant dans un autobus".

"Ouvrir des structures d'accueil sur le littoral"

Alors devant l'urgence, c'est la ville de Grande-Synthe qui a installé huit robinets et six toilettes de chantier. L'Etat, lui, ne fait pas assez déplore le maire, Damien Carême. 

"C'est pas suffisant parce qu'on a un flux régulier de personnes avec 20 ou 30 qui arrivent chaque jour. La seule solution que je vois c'est d'ouvrir des structures d'accueil sur le littoral pas uniquement à Grande-Synthe mais sur cette route qui emmène à Calais, pour que les personnes qui arrivent puissent se poser dans des conditions minimales d'hygiène et de sécurité. Je n’exclus pas de devoir ouvrir à nouveau un camp humanitaire si le problème n’est pas pris à bras le corps par l’Etat".

L'Etat, qui refuse pour le moment d'ouvrir des centres d'accueil trop prêt du littoral, pour éviter, d'après la préfecture, d'accentuer la pression migratoire.

Nicolas Traino (avec C.P.)