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"Il y a urgence": l'appel du général Pierre de Villiers pour augmenter le budget des armées

L'ancien chef d'état-major des armées, Pierre de Villiers, était l'invité sur RMC et BFMTV ce mercredi matin. Il est revenu sur la guerre en Ukraine et a appelé le gouvernement à accélérer le calendrier sur la loi sur la programmation militaire.

Il n’est plus à la tête des armées depuis 2017. Mais l’opinion du général Pierre de Villiers n’a pas changé vis-à-vis du budget des armées en France. C’est d’ailleurs cette question du budget qui l’avait poussé à quitter son poste au début du premier quinquennat d’Emmanuel Macron.

Dans un contexte géopolitique tendu avec la guerre en Ukraine, il affirme que l’armée française n’est actuellement pas prête à un conflit d’une telle intensité. Pourtant, le président de la République avait annoncé le retour à une économie de guerre en juin 2022. Un appel qui tarde à être suivi de faits, regrette le général Pierre de Villiers.

"Les affaires continuent comme en temps de paix, or nous sommes dans une période d’économie de guerre. Le président a eu raison de dire ça. L’économie de guerre, ça veut dire qu’on prend des procédures adaptées. Le 24 février, l’Ukraine a été attaquée et depuis on est toujours dans ces procédures budgétaires et la loi sur la programmation militaire sera votée au printemps prochain”, explique-t-il ce mercredi matin sur RMC.

“Moi, je dis accélérons les calendriers, il y a urgence. On ne reconstitue pas les stocks de munitions en six mois. On ne construit pas des chars, des bateaux, des sous-marins en six mois. On ne reconstitue pas une cohérence entre les hommes, les équipements, la formation, l'entraînement en six mois. Il faut se dépêcher”, poursuit-il.

Il estime notamment que l'augmentation de 3 milliards d’euros pour le budget de l’armée, pour atteindre un budget total de 50 milliards d'euros, est largement insuffisant face à la menace grandissante. 

"Il est temps de trouver une solution qui ne soit évidemment pas déshonorante pour les Ukrainiens"

La guerre en Ukraine, c’est bien sûr l’inquiétude principale de l’ancien chef d’état-major des armées. Car s’il avoue avoir été surpris par l’invasion de l’Ukraine par les Russes en février dernier, il affirme que les menaces de Vladimir Poutine sur les risques de représailles ou l’utilisation de l’arme nucléaire ne sont pas à prendre à la légère.

“Quand un dictateur est dans un tunnel, il ne recule pas. J’ai toujours retenu ça comme leçon de l’histoire", affirme-t-il.

"L’enjeu, de mon point de vue, c’est d’arrêter l’escalade. Depuis le 24 février, nous sommes dans une escalade permanente. Moi, je prône une désescalade. Je suis un homme de paix et pas un pacifiste parce que je sais quels sont les dégâts de la guerre. Je crois qu’aujourd’hui, il est temps de trouver une solution qui ne soit évidemment pas déshonorante pour les Ukrainiens qui se battent courageusement et qui ont été attaqués. Mais il est temps de revenir à une approche de paix”, prône-t-il.

Guillaume Descours