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"Je ne rentre jamais seul": l'inquiétude des Nantais face à la montée de l'insécurité

Après une semaine marquée par une flambée de violences à Nantes, les habitants sont inquiets. Invité de la Matinale week-end de RMC, l'adjoint à la sécurité de la maire de Nantes estime qu'il ne faut pas surréagir pour ne pas "se tirer une balle dans le pied" et demande des renforts de CRS.

Un viol, un policier percuté par un scooter, une fusillade: c’est le bilan de la semaine à Nantes. La sixième ville de France fait face à une montée de la violence et de la délinquance. Ce samedi, une manifestation est organisée pour dénoncer cette situation a lieu aujourd'hui. Cet appel à la mobilisation a été lancée par l'association S2N (Sécurité Nocturne Nantes) pour dénoncer une insécurité galopante dans les rues du centre-ville.

Un sentiment d'insécurité répendu dans la population nantaise: "Je ne dois pas sortir trop tard le soir", "je ne me sens pas en sécurité; dans certaines rues on prend des remarques, on se fait traiter de salope...", "je ne rentre jamais seul"... voici un petit florilège des réponses collectées dans les rues de la capitale des Ducs de Bretagne, par RMC. Mais s'il y a des quartiers plus sensibles, comme dans toutes les métropoles, Nantes se caractérise par des problèmes au sein de son centre-ville, comme dans les quartiers Bouffay, Commerce ou le Hangar à Bananes.

"Ne pas se tirer une balle dans le pied"

Le principal fléau auquel Nantes est confronté, c'est le trafic de drogue qui expliquerait en partie cette flambée de violence. Le maire adjoint à la sécurité de Nantes, Pascal Bolo, invité de la Matinale week-end de RMC, ce samedi, confirme ce sentiment: "Nantes a été largement protégé pendant des années mais est désormais atteinte par l'industrialisation des trafics de stupéfiants et les violences qui y sont associées."

Mais le maire veut qu'il n'y ait pas de caricatures. Sur notre antenne, il est revenu sur le témoignage d'une restauratrice qui évoquait son épuisement face à l'insécurité. Il met en garde face au péril économique en cas d''exagération de la communication":

"Les restaurateurs qui se plaignent, de faits réels, doivent faire attention à ne pas se tirer une balle dans le pied. A caricaturer les situations on va dissuader les clients de venir."

La maire de Nantes va rencontrer le ministre de l'Intérieur

Depuis le début de l'année, 39 usages d'armes a feu ont été recensés dans l'agglomération, en grande partie sur fond de trafic de stupéfiants, dont deux cette seule semaine: un blessé mercredi et un mort jeudi. Les deux victimes, 17 et 18 ans, vivaient dans le même quartier, celui des Dervallières. Longtemps considérée comme plutot tranquille, Nantes découvre ce phénomène avec fracas.

"C'est une métropole de niveau européen avec une population qui a doublé en 20 ans. La ville s'est enrichie. Les trafiquants de drogue ont constaté qu'il y avait beaucoup d'argent à faire avec l'arrivée de trafics de stups qui n'étaient pas connus dans l'agglomération" explique Didier Martin, le préfet de la Loire-Atlantique.

Une agglomération qui pourtant enregistre une baisse de 10% des faits de délinquance sur voie public depuis 2019. Toutefois la maire PS de Nantes, Johanna Rolland, doit s'entretenir avec le minsitre de l'intérieur Gérald Darmanin, mardi. La Place Beauvau a envoyé une compagnie de CRS en urgence, provisoire, après les blessures reçues par un policier renversé par un scooter qui a refusé de s’arrêter et qui a pris la fuite mardi.

De son côté, la maire demandera le renfort d'une compagnie de CRS permanente et "une force mobile" soit 80 fonctionnaires, "pour être présents la nuit" sur les centre-villes et dans les quartiers où se trouvent les points de deal. Le maire-adjoint à la sécurité assure que la mairie a doublé le nombre de policiers municipaux. Il estime que si Nantes n'était que peu pourvu en caméras et en fonctionnaires de police, "c'est parce qu'avant, il ne se passait pas grand-chose." Mais ça, c'était avant.

Jules Housseau et Maxime Martinez