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Je veux juste travailler: le désespoir de Michel, poissonnier au bord de la faillite à cause des blocages des gilets jaunes

J-3 avant Noël. Et pour les commerçants, cette période est censée être la plus importante de l’année. Mais pour certains, c’était sans compter le mouvement des "gilets jaunes".

La mobilisation des gilets jaunes a de nombreuses conséquences pour les commerces et les artisans, particulièrement pendant la période de Noël. Illustration dans la Sarthe, où quelques dizaines de gilets jaunes ont bloqué vendredi matin l'entreprise Stef Transport, située en zone sud du Mans, spécialisée dans le transport frigorifique.

Une centaine de camions de livraison ont été paralysés de 22 heures à 2 heures du matin, 1.100 tonnes de produits réfrigérés n'ont pas pu être livrés à temps.

Ce vendredi, un auditeur de RMC, Michel, poissonnier dans la région, a appelé Jean-Jacques Bourdin en direct, il était en pleurs, craignant de devoir mettre la clef sous la porte. Nous l’avons rencontré près du Mans.

"Si je perds toutes mes commandes de Noël ça peut être très dommageable"

Ce matin, Michel reçoit sa plus grosse livraison de l'année: "C’est du homard, des langoustines, des crevettes et des bulots".

Mais depuis un mois, il récupère ses palettes de fruits de mer très tard dans la matinée à cause des blocages des gilets jaunes devant les entrepôts. Il ne peut donc pas se rendre sur les marchés et perd chaque jour un peu plus d'argent.

"C’est la hantise de ne pas pouvoir travailler. Des fois dans mon camion je suis en colère parce que ça me fout en l’air. Si jamais je n’ai pas la palette, je perds toutes mes commandes de Noël et ça ça peut être très dommageable".

"Derrière le mouvement, c'est nous qui souffrons"

Très dommageable d'autant plus que Michel à monter son entreprise il y a seulement deux mois.

"Au début il faut pas mal de trésorerie. Noël c’est une grosse période. J’ai investi beaucoup d’argent. Je ne demande rien, juste de travailler. C’est surtout ça qui me dérange et qui me fait mal. Derrière le mouvement, c’est nous qui souffrons. Quand je discute avec gens ils me disent que je serai bien content le jour où je paierai mon gazole moins cher mais moi je n’ai rien demandé à personne".

Des blocages qui risquent de se poursuivre jusqu'au Nouvel an, selon Michel: "Aujourd'hui de toute façon, quoi qu’annonce Macron, ils ne bougeront pas". Il redoute donc de devoir mettre la clef sous la porte.

Romain Poisot (avec C.P.)