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L’Abbé Pierre est mort il y a 10 ans, mais "sur le terrain, la situation se dégrade de plus en plus"

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Il y a 10 ans, l'Abbé Pierre nous quittait pour prendre "de grandes vacances" comme il aimait à le dire. C'était le 22 janvier 2007.

Que reste-t-il de l’héritage de l’Abbé Pierre, 10 ans après sa mort? Résistant, parlementaire, voyageur infatigable, le fondateur d'Emmaüs a fait des valeurs de partage et de solidarité les fils conducteurs de sa vie.

Des journées de commémoration sont organisées toute la journée dans les différentes communautés Emmaüs de France. À Paris, une grande soupe populaire ainsi que plusieurs meetings se tiennent jusqu'à 18h place de la République en hommage à cet homme de paix.

"S’il n’avait pas été là, je serais encore dans un caniveau"

Parmi les communautés présentes aujourd'hui, celle de Longjumeau existe depuis 40 ans. Cricri y vit et y travaille depuis 6 ans. L'Abbé Pierre et son combat pour les pauvres a changé sa vie: "s’il n’avait pas été là, je serais peut-être encore dans un caniveau ou ailleurs. Donc je lui dis un grand merci, parce qu’Emmaüs m’a permis de me reconstruire".

Bernard est un ancien compagnon de l’Abbé Pierre, désormais responsable de la communauté. Pour lui l'Abbé Pierre, c'est surtout un cri, poignant. "En 1954, le 1er février, l’Abbé Pierre lançait un appel à la radio. Cet appel commençait par ‘mes amis, au secours’. Je me dis qu’aujourd’hui s’il était encore là, il pourrait refaire le même appel".

"On sonne à la porte de la communauté tous les jours"

Car aujourd'hui, la condition des pauvres en France s'est même aggravée. C’est l’avis de Philippe Laurent, président de la communauté Emmaüs de Longjumeau. "Sur le terrain, la situation se dégrade de plus en plus. On sonne à la porte de la communauté tous les jours, ce qui n’arrivait pas il y a une dizaine d’année. C’était moins intense qu’aujourd’hui". Il y a trois ans, la communauté comptait 38 compagnons. Aujourd"hui, ils sont plus de 60.

Léa Zacharie (avec AM)