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Les musulmans "voteront à gauche ou au centre avec une dispersion plus importante qu’en 2012"

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Existe-t-il un vote musulman? La question se pose aux 34e rencontres des musulmans de France, organisée au Parc des expositions du Bourget dans le Nord de Paris.

En 2012, 86% des musulmans de France avaient voté pour François Hollande au second tour de la précédente élection présidentielle. Cinq ans plus tard, une bonne partie de ceux qui représentent 4 à 5% du corps électoral est dans le doute, alors qu’une table ronde était organisée sur la question samedi lors des 34es rencontres des musulmans de France, organisées au Parc des expositions du Bourget.

Près de 150.000 personnes sont attendues à ce salon qui a ouvert vendredi sous la houlette de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF). Un salon qui a fait réagir Marine Le Pen. La candidate du Front National a réclamé son annulation ainsi que la dissolution de l'organisateur affilié, selon elle, aux Frères Musulmans.

Selon, Jérome Fourquet, directeur du pôle opinion de l'institut IFOP et auteur de l'ouvrage "Karim vote à gauche et son voisin vote FN", paru en 2015, les musulmans français continuent à pencher à gauche. "Ils risquent d’être plus abstentionnistes que la moyenne de la population. Ceux néanmoins qui iraient voter, d’après les données dont on dispose, trois candidats pourraient concentrer les votes de cet électorat musulman: Emmanuel Macron d’une part, Jean-Luc Mélenchon d’autre part et dans une certaine mesure Benoit Hamon. On aura encore un électorat qui va voter à gauche ou au centre, mais ans une dispersion qui va être beaucoup plus importante qu’en 2012".

"Le Pen veut se faire passer pour quelqu’un de gentil, quelqu’un qui est plus cool que son père"

Dans les allées du salon, Boutéina, un voile léger sur la tête sait déjà ce qu’elle va faire: "je ne pense même pas aller voter". Mais tous les avis ne sont pas tranchés.

Comme beaucoup de Français, les électeurs musulmans sont encore largement indécis. Tériq, le compagnon de Boutéina, n'est pas encore décidé, mais il sait au moins une chose: "tout sauf Le Pen. Elle veut se faire passer pour quelqu’un de gentil, quelqu’un qui est plus cool que son père. Mais derrière elle va retirer son masque et allez c’est parti".

Venue en famille au salon Fatima reconnait quant à elle que sa foi influence son vote. "C’est vraiment une façon de penser, de voir les choses, une façon de voir la France de demain". Beaucoup d'électeurs musulmans déçus par le mandat de François Hollande pourraient s'abstenir. Un danger que veut combattre Amar Lasfar le président de l'UOIF. "Sur le plan religieux, on leur dit qu’il est obligatoire d’aller voter. Pour qui? Chacun ses choix, chacun ses préférences. Nous faisons tout pour dire aux gens aller voter s’il vous plait. Parce que l’abstention, ça profiterait aux extrêmes". Le Conseil français du culte musulman dont fait partie l'UOIF a rencontré ces dernières semaines les principaux candidats à l'exception de Marine Le Pen.

Nicolas Ropert (avec A.M.)