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Les prisons françaises pleines à craquer, avec une explosion du nombre de détenus depuis un an

En juillet dernier, la contrôleure générale des lieux de privation de liberté avait dénoncé des conditions de vie indignes. Pourtant, cinq mois plus tard, la situation ne s'est pas améliorée. Au 1er octobre, on était presque au record de détenus dans les prisons françaises.

Chiffre quasi-record dans les prisons françaises. Au 1er octobre, on dénombrait 72.350 détenus en France. Soit 3.177 prisonniers de plus qu'il y a un an. C'est presque le même taux d'incarcération qu'en mars 2020, à la veille du confinement.

Le nombre de matelas au sol a explosé de 39% en un an. Le tout alors que plus d'un quart des détenus n'ont pas encore été condamnés définitivement.

Dans les maisons d'arrêt de Carcassonne, Nîmes et Bordeaux-Gradignan, c'est simple, il y a deux fois plus de détenus que de places de prison. Dans toute la France, ils sont plus de 2.000 à dormir sur des matelas à même le sol.

2.000 places de plus l'an prochain

Un constat d'échec pour Odile Macchi, responsable du pôle enquête de l'observatoire international des prisons.

“Un des gros problèmes, c’est que ça réduit beaucoup l’accès aux activités. Les personnes se retrouvent enfermées en cellule pendant 22 à 23 heures sur 24. Une fois que la personne sur le matelas au sol est allongée, plus personne ne peut bouger. Et puis dans les cellules, ce sont des toilettes qui souvent ne sont pas séparés. Si en plus ces cellules sont vétustes, qu’il y a des nuisibles, pas de chauffage l’hiver, c’est assez désespérant”, dénonce-t-elle.

La chancellerie annonce 2.000 places de prison supplémentaires l'an prochain, 15.000 sur toute la durée du quinquennat. D'ici-là, le garde des Sceaux propose un nouveau moratoire pour repousser l'application de la loi sur l'encellulement individuel au 31 décembre 2027.

Marion Dubreuil avec Guillaume Descours