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Lycéens SDF: "on a essayé d’appeler le 115 mais il n’y a jamais de place"

Depuis la rentrée, au lycée Blanqui de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), sept élèves sont sans logement fixe. Ils se retrouvent obligés de dormir dans la rue, en foyer d'accueil ou à l'hôtel. Mercredi, professeurs et lycéens se sont rendus devant la mairie de Saint-Ouen dans l'espoir de leur trouver un logement.

Des professeurs et des lycéens de Saint-Ouen viennent de créer un collectif pour aider sept élèves sans domicile fixe. Des cagnottes et des collectes alimentaires sont mises en place. Mercredi, les étudiants et leurs enseignants ont manifesté devant la mairie, pour trouver un toit aux lycéens, dont la plupart préparent le bac.

Marie est l’une des sept élèves privés sans domicile fixe. Faute d'argent, elle a passé 10 jours à la rue en décembre avec sa mère et sa sœur. Elle décrit des conditions de vie très rudes: "Il faisait très froid, on avait peur de se faire agresser. On a essayé d’appeler le 115 mais il n’y avait jamais de place." 

Une cagnotte en ligne a permis de récolter 8000 euros, en partie utilisés pour lui payer un logement. Seulement, à la fin du mois, il faudra le quitter sans savoir où aller. Cette question angoisse la jeune lycéenne. "J'y pense tous les jours et j’ai vraiment peur, je ne veux pas revivre ces 10 jours de galère".

Six autres élèves affrontent la même situation, dont quatre qui passent le bac cette année, comme Marie. Son amie Kenza manifeste pour leur trouver une solution pérenne afin qu'ils puissent réussir leur scolarité malgré tout. "Déjà, pour les élèves de terminale qui ont des logements, c'est dur de réviser, donc pour des élèves sans abris c'est vraiment impossible" témoigne-t-elle.

Souvent sollicitées, la mairie et la préfecture renvoient les réclamations au SAMU social. Celui-ci, débordé, n'a pas de place en foyer d'accueil.

Juliane Antoine (avec A.B.)