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Militants écologistes: les musées renforcent leur sécurité pour anticiper de nouvelles actions

Des militants écologistes qui se collent la main à un tableau de Goya en Espagne, d’autres qui jettent de la soupe contre un tableau de Van Gogh à Rome, ou bien encore ces activistes qui s’accrochent aux poteaux du rugby pendant le match de rugby Toulouse/Stade Français… Ces nouveaux modes de contestation incitent les musées et les instances sportives à revoir leur sécurité.

Depuis plusieurs jours maintenant, dans les musées français, une vigilance accrue envers les visiteurs… Massinissa Malou est responsable sécurité au musée Grévin à Paris, où sont exposées les statues de cire de personnages célèbres. Aux portes d’entrée du musée, on veille à bien enlever des sacs tout ce qui pourrait dégrader les œuvres, soupe, chantilly, sauce tomate, etc.

Massinissa Malou explique que son service de sécurité “a redoublé de vigilance par rapport à çela, on sait que ça peut arriver à tout moment, donc on fait attention notamment à tout ce qui est liquide. Quand quelqu’un a une attitude étrange on essaie de l’avoir à l’oeil”.

Vigilance supplémentaire, et équipes supplémentaires aussi au musée Grévin, dont Yves Delhommeau est le directeur général.

Ce dernier explique avoir renforcé les effectifs assurant la sécurité “avec des agents qui ne sont pas toujours en tenue, mais qui peuvent identifier des visiteurs qui ne se comportent pas correctement, car souvent ils vont aller directement vers la statue qui les intéresse”.

“Cela s’était passé il y a quelque temps quand les Femen étaient venues poignarder Poutine… Donc c’est vrai qu’on surveille plutôt le bureau de notre président ou des personnalités comme Xi Jinping ou Joe Biden…", précise Yves Delhommeau.

Cette méthode de surveillance des visiteurs qui se comportent de manière étrange fonctionne plutôt bien. Il y a deux semaines, les agents du musée d’Orsay sont parvenus à arrêter une tentative de lancer de soupe sur un tableau de Van Gogh. Le musée a porté plainte.

Pour l’heure, à Paris, 17 faits de dégradations ont été constatés cette année dont deux par des militants écologistes, selon un décompte de la préfecture de police. Pour rappel, les musées Français accueillent chaque année 62 millions de visiteurs.

Mettre sous verre tous les tableaux?

Pour tenter de protéger les oeuvres, notamment les peintures de grands artistes, la solution facilement imaginable serait de poser une protection en verre sur tous les cadres. Mais est-ce vraiment possible?

Pas vraiment, selon les explications d’un bon connaisseur de la sécurité des musées, et ce déjà pour des raisons logistiques. Il y a tout d’abord des tableaux fragiles dont les cadres ne peuvent pas supporter une armure de verre, mais il y a aussi des tableaux aux dimensions hors normes. Exemple : La liberté guidant le peuple de Delacroix, mesurant 2 mètres 60 sur 3 mètres 25. Et évidemment, le prix à payer pour équiper une toile aussi imposante est mirobolant. Le spécialiste de la sécurité des musées estime donc que c’est une fausse bonne solution.

Dans ce cas, c’est tout simplement la police qui joue également un rôle important. Si elle n’est pas présente physiquement dans tous les établissements de culture, des commissariats de Paris ont par exemple une ligne de téléphone dédiée aux musées situés dans leur secteur d’intervention. Des musées ont également des partenariats avec la police pour que leurs images de vidéosurveillance puissent être visionnées en direct au sein de certains commissariats.

Plus globalement, la vigilance est aussi de mise du côté des lieux accueillant des événements sportifs professionnels. Les clubs ont eux aussi renforcé leur dispositif au bord des terrains. Côté rugby, on a pu voir lors du dernier match France/Australie que des stadiers avaient été placés spécifiquement au niveau des poteaux, ainsi qu’un système de corde qui peut se tendre pour que les intrus se prennent les pieds dedans.

Enfin, sur les tarmacs, le groupement des Aéroports de Paris affiche sa sérénité. Selon eux, les systèmes de sécurité sont déjà efficaces, ADP en veut pour preuve l’arrestation d’une trentaine de militants début novembre avant un envahissement des pistes du Bourget.

Martin Cadoret, avec Alexis Lalemant