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Mort d'un bébé dans une crèche: la formation des auxiliaires de puériculture pointée du doigt

Après la mort d'un bébé de 11 mois dans une crèche à Lyon, empoisonné par une employée de l'établissement, de nombreuses voix s'élèvent pour dénoncer le manque de formation des professionnels de la petite enfance.

"Il faut intensifier les contrôles", a assuré ce jeudi sur RMC la secrétaire d'Etat chargée de l'Enfance, Charlotte Caubel, une semaine après la mort d'un bébé de 11 mois à Lyon, empoisonné par l'employée d'une crèche du groupe People&Baby. Cette employée a avoué avoir aspergé l'enfant et fait ingérer un "produit caustique", se disant "excédée" par ses pleurs.

Dans la foulée, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer de graves manquements à l'encadrement des enfants dans les établissements du groupe People&Baby. Plus généralement, la formation des professionnels de la petite enfance, serait défaillante. C'est ce qu'assure notamment ce jeudi sur RMC Valérie, une auxiliaire puéricultrice: "Les personnes qui travaillent en crèche maintenant ne sont plus formées comme nous à l'époque!", assure-t-elle sur le plateau des "Grandes Gueules".

"Quand j'ai commencé, j'avais une année de formation mais à l'arrivée dans une structure, on était pris en charge par les anciennes qui nous expliquaient le travail. Aujourd'hui, cela n'existe plus parce que le personnel encadrant n'est plus à la hauteur. Les puéricultrices encadrantes ne font pas bien leur travail, cela nous met en difficulté. Plus il y a d'enfants à prendre en charge, plus il y a des difficultés", ajoute Valérie.

Des défaillances dans les micro-crèches?

Même son de cloche pour Anne-Marie, éducatrice pour jeunes enfants dans le Tarn: "Il y a un manque de formation. J'ai un bac +3, j'ai passé un concours, il y a des tests psychologiques. Ensuite on travaille avec des CAP Petite enfance, il y a de supers professionnels mais celles qui arrivent sur le terrain, il se peut qu'elles paniquent et qu'elles aient besoin d'être accompagnées".

Or elle l'assure, ce genre de profil est répandu dans les "micro-crèches", ces crèches de petites tailles qui se développent à vitesse grand V en France. "A leur tête il y a des gestionnaires et non des professionnels de la petite enfance", assure Anne-Marie.

Problème de "compétence et de formation" pour la porte-parole du gouvernement

Mercredi déjà, la porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire avait assuré sur RMC et BFMTV qu'il y avait bien un sujet de "formation et de compétence", dans les crèches comme dans les Ehpad: "Des Ehpad aux crèches, on a un problème en amont de formation, et en aval de contrôle, il va falloir qu'on s'y attèle", avait-elle assuré.

Un problème qui pourrait s'expliquer par la pénurie de professionnels. Début juin déjà, Clotilde Robin, co-présidente du groupe de travail "petite enfance" de l'Association des maires de France (AMF), alertait sur l'urgence de susciter les vocations, face aux difficultés de recrutement.

À Lyon, l'employée de la crèche incriminée, a été mise en examen pour "homicide involontaire sur mineur de moins de 15 ans" et placée en détention provisoire. De son côté, Charlotte Caubel a estimé qu'il fallait se pencher autour de la gestion de People&Baby, assurant qu'une enquête à ce sujet était déjà en cours.

G.D.