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Mouvement des "gilets jaunes": quelles conséquences pour l'économie?

Les blocages des "gilets jaunes" impactent l'économie. Ce week-end les hyper et supermarchés ont affiché une perte de 35% de leur chiffre d'affaires.

Plusieurs dizaines d'entrepôts et de magasins ont été bloqués ces derniers jours par le mouvement des "gilets jaunes", avec une conséquence immédiate sur le chiffre d'affaires. En moyenne, 35% de pertes dans les hyper et supermarchés ce week-end au plus fort du mouvement, et même jusqu'à 60% pour le secteur du jouet.

Les livraisons ont elles aussi été impactées puisque les camions n'ont pas pu rouler à cause des barrages. Une situation inédite pour certains transporteurs routiers. Jean-Nicolas Benito, patron d'une petite entreprise de transport près de Bordeaux n'a jamais connu une telle situation:

"Des difficultés de gestion au quotidien avec les conducteurs qui sont quand même des naufragés et qu'il faut appeler régulièrement pour savoir comment ça se passe, perte sèche de chiffre d'affaires, complications dans les plans de transports puisque les retards s'accumulent. Ça reste inquiétant".

Et le blocage des transports impacte les usines et leurs salariés. Les 1.600 salariés de l'usine PSA de Sochaux se sont retrouvés hier en arrêt forcé, comme l'explique Jérémy Boussard de la CGT:

"On est au chômage pour manque de pièces Peugeot 308 et 3008 suite à un blocage à Bordeaux sur des livraisons en provenance d'Espagne et du Portugal. La conséquence directe, c'est l'impact sur leurs salaires: 30% en moins sur la journée".

"Il faut éviter l'enlisement de la situation"

Impossible de savoir s'ils pourront reprendre le travail aujourd'hui, c'est bien tout le problème de ce mouvement: les entreprises n'ont aucune visibilité. Le groupe Auchan déplore déjà 50 millions d'euros de perte en 4 jours et s'inquiète surtout pour la suite.

Comme tout le secteur, selon Jean-Eudes Dumesnil, secrétaire général de la CPME, confédération des petites et moyennes entreprises: "Si la situation devait rester en l'état, ça crée une forme d'attentisme et ça, en économie, c'est quelque chose de redoutable parce que les gens reportent leurs investissements et leurs achats. Il faut à tout prix éviter ça, éviter l'enlisement de la situation actuelle".

D'autant que cette période de fin d'année est une période cruciale pour les secteurs du commerce et de la distribution en terme de chiffre d'affaires.

Aurélia Manoli et marie Régnier (avec P.B.)