RMC

"On a beaucoup pleuré": des réfugiés ukrainiens délogés dans des zones touristiques

Dans les régions appréciées des estivants, certains professionnels du tourisme et les particuliers qui accueillent des Ukrainiens depuis le début de la guerre, en février dernier, vont récupérer leurs biens pour les louer à des vacanciers.

Dans les régions appréciées des estivants, les professionnels du tourisme et les particuliers qui accueillent des Ukrainiens depuis le début de la guerre, en février dernier, s'interrogent. Alors que les grandes vacances approchent, beaucoup de logements sont loués pour des vacanciers.

C'est le cas de Valérie qui, comme beaucoup de Français, a ouvert les portes mi-mars de sa résidence secondaire dans l'Hérault à une réfugiée ukrainienne et sa fille. Mais l'été arrive, et le logement doit être libéré. "Je suis obligée de le louer pour amortir les frais. C'est trop compliqué à garder si je ne le loue pas", explique-t-elle à RMC.

Valérie se démène alors et finit, grâce à une association, à leur trouver un nouveau logement, la mort dans l'âme. "Ça a été très dur, on a beaucoup pleuré toutes les deux. Je me suis beaucoup attaché à cette jeune femme et à la petite fille, elles sont vraiment adorables, je serai toujours là pour elle", promet-elle.

"C'est une situation dramatique"

Le problème se pose dans toutes les zones touristiques. Dans le Vaucluse, où 800 Ukrainiens sont accueillis, les gérants de camping et les hôteliers veulent récupérer leurs bungalows et leurs chambres.

Olivier Baudry, le président de l'Afuca 84, une association d'amitié franco-ukrainienne, semble démuni: "Les gens nous disent 'on les prend jusqu'au mois de juin et on verra en septembre'. C'est une situation dramatique que l'on est en train de vivre et on est en alerte permanente parce qu'il faut trouver des logements".

Le conseil départemental du Vaucluse agit avec la préfecture pour trouver des places auprès des bailleurs sociaux et dans des logements désaffectés Sa présidente dit espérer que toutes les familles seront relogées d'ici la fin du mois.

Victor Joannin (avec G.D.)