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"On a besoin d’un défenseur des droits des animaux": l'appel du président de la SPA au gouvernement

Face aux nombreux abandons d'animaux, le président de la SPA, Jacques-Charles Fombonne a lancé un appel au gouvernement, dans Les Grandes Gueules ce lundi 15 août. Selon lui, il faut que la question du droit animal soit beaucoup mieux défini et encadré en France.

Comme chaque année, le nombre d’abandons d’animaux de compagnie explose au moment des vacances d’été. Au début du mois d’août, la SPA recensait plus de 12.000 animaux abandonnés.

"C'est tout le mois de juillet et tout le mois d'août qui sont assez terribles pour les abandons d'animaux. Nous sommes actuellement à un chiffre record qui est de 8.607 animaux pour une capacité nominale de nos 65 refuges de 6.500 places", explique-t-il.

Une situation à laquelle ne peut se résoudre Jean-Charles Fombonne, président de la SPA.

“Nous militons pour une véritable responsabilité de l’Etat dans le domaine de la protection animale. On a besoin d’un défenseur des droits des animaux de quelqu’un qui soit capable de recueillir les statistiques, les raisons des abandons et de faire le tour de la question avec toutes les parties prenantes”, explique-t-il au micro des “Grandes Gueules”, alors que la question d'un défenseur des animaux avait déjà été abordée en 2021 à l'Assemblée nationale, sans succès.

"On ne veut surtout pas faire la morale aux gens"

Parmi les gens qui abandonnent leurs animaux, il y a ceux qui vont les donner à la SPA et ceux qui les abandonnent dans la nature.

“Il y a des gens qui viennent nous abandonner des animaux avec des raisons plus ou moins fallacieuses, mais on ne demande jamais la raison de l’abandon parce qu’on ne veut surtout pas faire la morale aux gens. Et puis il y a les animaux qui sont divagants. C’est-à-dire qu’ils ont été physiquement abandonnés sur la voie publique et à ce moment-là ça relève de la mairie parce que le code des collectivités territoriales fait obligation au maire de capturer les animaux errants. S’ils ne sont pas récupérés par leur propriétaire, à ce moment-là, ou bien il les euthanasient s’il n’y a pas d’association de protection des animaux, et sinon ils les donnent et à ce moment-là évidemment on les recueille”, détaille-t-il.

Jusqu'à 45.000 euros d'amende

Il affirme que l’abandon des vacances n’est pas forcément lié avec de la maltraitance. Il classe plutôt ça dans le manque d’anticipation, de prévision.

“On prend un animal à Noël pour faire plaisir au petit-dernier ou pour se faire plaisir et on ne réfléchit pas. Et on se rend compte finalement au mois de juin ou de juillet que les vacances qu’on a l’habitude de passer dans la famille ou dans un camping, ils ne vont pas forcément être acceptés. Et donc entre sacrifier un animal qu’on n'a pas depuis longtemps, et sacrifier ses vacances, pour certains le choix est vite fait”, dénonce-t-il.

L’abandon d’un animal, qui est le fait de laisser un animal de compagnie sans soins, sans possibilité de s'alimenter ni de s'abreuver, est puni de 3 ans de prison et 45.000 euros d’amende.

Guillaume Descours