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"On est obligé de cacher le métier de nos maris": des femmes de policiers et de gendarmes témoignent sur RMC

Les femmes de policiers devaient manifester ce jeudi aux côtés de leurs maris. Elles dénoncent la violence qu'ils subissent au quotidien et notamment dans le cadre des missions de maintien de l'ordre dans des manifestations.

Les policiers et le ministère de l’Intérieur sont parvenus à un accord mercredi soir sur les salaires. Le ministre de l’Intérieur leur a promis une revalorisation salariale à partir de janvier. Une augmentation graduelle qui devrait aboutir au bout d'un an à une hausse en moyenne de 120 euros net par mois pour les gardiens de la paix et pouvant aller jusqu'à 150 euros pour les plus hauts gradés.

Cet accord intervient après une journée mobilisation des forces de police. Ce jeudi, ils devaient même se rassembler place Clémenceau, devant le commissariat de police du 8ème arrondissement de Paris. À cette manifestation devaient notamment participer les membres de l’association FFOC, les Femmes de Force de l'Ordre en Colère. 

En effet, certaines voient depuis plusieurs semaines leurs maris partir pour encadrer les mobilisations, très violentes, des "gilets jaunes" et sont très inquiètes. 

C’est notamment le cas de Nadia et Morgane qui témoigne pour RMC: "On cache beaucoup nos sentiments, on prend sur nous pour pas les inquiéter plus que ça, mais on s’inquiète quand même un minimum", explique l’une d’entre elles. 

Soutiennent les idées des "gilets jaunes"

Nadia et Morgane refusent de regarder la télévision ou Internet les jours de manifestation. Du moins, elles le font discrètement. Et quand elle retrouve leurs maris, c'est parfois un peu compliqué.

"Quand on est douze heures sur le terrain à se faire insulter, caillasser, cracher dessus, jeter de l’essence… Quand il va rentrer à la maison si je lui dis ‘ça va ?’ Il va me dire ‘oui ça va’. Bon, c’est assez sec, j’ai compris ça ne va pas. Il va rien dire, il ne parle pas", explique une des deux femmes. 

L'un des maris est gendarme, l'autre policier. Et ce qui touche ces deux femmes, c'est la haine qui se déverse sur leurs maris. "Moi, je ne parle pas du métier de mon mari. Quand on me demande, je dis que mon mari est fonctionnaire parce que tout le monde ne les aime pas", confie-t-elle. 

Et pourtant elles le disent clairement, Nadia, Morgane, ainsi que leurs maris soutiennent les idées du mouvement "gilet jaune", touchés eux aussi par des fins de mois difficile. 

Thomas Chupin (Avec G.D)