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"On ne pouvait plus respirer, c'était apocalyptique": ces Varois ont refusé de quitter leur maison pour la protéger de l'incendie

TEMOIGNAGES RMC - Face à l'incendie qui a ravagé des milliers d'hectares dans le Var, certains ont préféré rester sur place pour protéger leur maison des flammes, avec les moyens du bord en à leurs risques et périls.

Dans le hameau de Gilly, près de Grimaud dans le Var, au cœur de la forêt d'arbres noirs calcinés, la façade de la maison de Philippe est intacte avec ses persiennes vertes. Mais c’est tout ce qu’il reste de cette belle bâtisse après le passage de l'incendie qui a ravagé 7.100 hectares de forêt : 4 murs de pierre et même plus de toit. "J'avais une cuisine et il ne reste rien", souffle-t-il au micro de RMC.

Au sol c’est un amoncellement de tuiles cassées, de cendres et de décombres encore fumants: "C'est toute une vie cette maison".

Philippe, évacué dans la soirée de lundi au début de l'incendie, ne reconnaît plus rien: "Je suis parti en me disant, les pompiers allaient protéger ma maison. Et ça n'a pas été le cas. Sinon je serai resté", confie-t-il.

C'est ce qu’on fait Damien, 32 ans et son père Eric.

Pour protéger leurs deux maisons à l'entrée du hameau, ils ont décidé de ne pas suivre les ordres d'évacuation des pompiers: "Les combles ont commencé à prendre feu et je suis monté pour éteindre l'incendie", raconte Eric. "On ne pouvait plus respirer, c'était une nuit apocalyptique", assure Damien.

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"Ils nous ont dit d'évacuer mais on ne pouvait pas"

Le père, traumatisé, et le fils n’ont pas eu conscience de l'énorme qu’ils ont pris: "Ils nous ont dit d'évacuer mais on ne pouvait pas mais ce n'est pas possible, c'est notre vie, c'est notre maison, sans ça on n'a plus rien, si on partait elle brûlait".

La famille estime avoir eu beaucoup de chance. Les pompiers rappellent eux qu’il faut suivre les conseils des autorités pour préserver la vie, au-dessus du matériel.

En attendant, l’enquête se poursuit dans le Var, à Gonfaron plus précisément, d'où serait parti l’incendie monstre qui a pour l'instant coûté la vie à deux personnes.

Parti lundi depuis une aire d'autoroute de l'A57, au nord-est de Toulon, les flammes ont immédiatement été attisées par un fort mistral. Un incendie qui serait d’origine "humaine" selon Patrice Camberou, le procureur de Draguignan.

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Nicolas Traino (avec G.D.)