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Plan grand froid activé: des places d'accueil d'urgence ouvertes, insuffisant pour les associations

Avec des températures qui montent difficilement au-dessus de 0°C, le Plan grand froid a été déclenché à Paris, lundi. 130 places d'accueil d'urgence ont donc été ouvertes pour les sans-abris. Selon l'association Droit au logement, il était plus que temps de le déclencher.

Comme lundi, il ne va pas faire plus d'un ou deux degrés ce mardi. Pour ceux qui vivent dehors, ces températures sont insoutenables. La préfecture d'Île-de-France a annoncé, lundi, l'ouverture de 130 places d'accueil d'urgence pour les personnes sans domicile, dans le cadre du Plan grand froid.

Ce plan a donc été déclenché à Paris et permet d'aider les plus vulnérables. Le nombre de maraudes est augmenté et les conseillers du 115 sont plus nombreux. Il y a donc plus de moyens humains mais aussi financiers. Il vient renforcer une "veille hivernale" activée chaque année à partir du 1er novembre jusqu'au 31 mars.

Dans la foulée, le ministre délégué à la Ville et au Logement, Olivier Klein, a demandé aux préfets de région de recenser les places potentielles d'hébergement à travers le pays.

"C'est un cautère dans une jambe de bois"

En effet, le plan national Grand Froid prévoit des réquisitions de bâtiments publics, comme des gymnases ou des écoles, mais cette fois, le ministre a demandé de compter "tout ce qui est dans un état correct", donc chauffé, public ou pas. Les préfets ont jusqu'à vendredi pour faire les comptes.

"C'est une situation très difficile. On cherche toutes les solutions pour mettre tous les enfants à l'abri. En 5 mois, je n'ai pas changé colère et d'indignation. C'est insupportable. On est extrêmement mobilisés", a dit Olivier Klein, sur RMC, ce mardi.

Pour l'association Droit au logement (DAL), le plan arrive en retard.

"Il était temps de le mettre en oeuvre parce qu'il fait froid depuis plusieurs jours, on le ressent quand on va dans la rue. De plus, ce plan c’est un cautère sur une jambe de bois", affirme Jean-Baptiste Eyraud est porte-parole du DAL.

L'association plaide pour une aide et un logement toute l'année pour ces personnes à la rue. "On voit de plus en plus de familles avec enfants, de femmes seules, qui devraient être pris en charge prioritairement et qui appellent le 115 en vain [...] C’est désespérant parce que ça veut dire que chaque année, on va compter les morts. On n’est pas du tout certains que l’ensemble des sans-abris trouvent une solution d’hébergement", ajoute Jean-Baptiste Eyraud.

D'après le collectif "Les morts de la rue", au moins 620 personnes sans domicile fixe sont décédés en 2021.

AB avec Marion Gauthier