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Rappels Buitoni/Kinder: Foodwatch dénonce le manque de moyens des autorités de contrôle

Kinder, Buitoni, Lactaliste... comment expliquer la multiplication des scandales alimentaires

Kinder, Buitoni, Lactaliste... comment expliquer la multiplication des scandales alimentaires - RMC

Après les rappels de pizzas Buitoni et de chocolats Kinder, Karine Jacquemart, directrice générale de l'association de défense des consommateurs Foodwatch, a dénoncé mercredi sur RMC le manque de moyens des autorités de contrôles sanitaires. Elle pointe du doigt la baisse drastique du nombre d’inspections.

L'ONG Foodwatch a dénoncé mercredi le manque de moyens des autorités de contrôles sanitaires en France, ainsi que "l'opacité" des géants de l'alimentaire qui doivent "rendre des comptes", après les rappels massifs de pizzas Buitoni et de chocolats Kinder. Des produits Kinder (Ferrero) soupçonnés d'avoir causé des cas de salmonelloses en Europe ont été rappelés ces derniers jours, tandis que Buitoni (Nestlé) a ordonné un rappel massif de pizzas surgelées après plusieurs cas graves d'enfants contaminés par la bactérie Escherichia coli.

Un manque "d'autocontrôles"

"Ce que ces scandales révèlent malheureusement une nouvelle fois, ce sont les défaillances du système", a déploré Karine Jacquemart, directrice générale de l'association de défense des consommateurs, au micro de RMC. "La bonne nouvelle, c'est qu'on a une réglementation sur le papier au niveau européen qui est très forte et qui indique des responsabilités très claires pour les entreprises". Mais "la mauvaise nouvelle, c'est que ça n'est pas suffisamment appliqué", a-t-elle poursuivi.

"D'un côté, les entreprises ont l'obligation de faire des autocontrôles pour s'assurer qu'elles ne commercialisent que des produits non dangereux pour la santé, mais il y a un manque de contrôle de ces autocontrôles", selon elle. "Ca devrait être la responsabilité finale de l'Etat, des services de contrôles sur le terrain de s'assurer que les entreprises font bien leurs contrôles et qu'il n'y a pas un trou dans la raquette. Or, on n'arrête pas d'enlever des moyens à ces autorités publiques", dénonce Karine Jacquemart.

"Une baisse de plus de 440 postes sur ces dix dernières années"

Elle indique que la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) "parle d'une baisse de plus de 440 postes sur ces dix dernières années, ça c'est scandaleux car, en gros, c'est une privatisation du contrôle de la sécurité sanitaire des aliments". Dans un communiqué publié mardi, Foodwatch affirmait également que "le nombre des inspections sur la sécurité sanitaire des aliments a diminué de 33% entre 2012 et 2019 du côté de la Direction générale de l'alimentation".

"Ce qu'il faut casser absolument, c'est le système d'opacité totale. On a affaire à des géants, c'est Nestlé dans le cas des pizzas Buitoni, c'est Ferrero dans le cas des Kinder, qu'ils rendent des comptes déjà, numéro un, et puis qu'il y ait des sanctions", a estimé la directrice générale de Foodwatch.

RMC avec AFP