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Rodéos urbains: le gouvernement veut durcir les sanctions pour lutter contre le phénomène

Les rodéos urbains se multiplient depuis plusieurs mois. Le gouvernement veut être beaucoup plus sévère avec ceux qui s'adonnent à cette pratique. La peine encourue pourrait passer d'un an à trois ans de prison et de 15.000 à 45.000 euros d'amende.

L'exécutif veut durcir les sanctions pour lutter contre les rodéos urbains. Ce phénomène prend de l'ampleur. Depuis le début de l'année, 3.808 infractions ont été dressées, avait indiqué il y a un mois le ministre de l'Intérieur. C'est environ 1.100 de plus que sur la même période en 2021.

Des rodéos qui conduisent parfois à des drames. Cet été, deux enfants de 10 et 11 ans avaient été grièvement blessés après avoir été percutés par un deux-roues dans le Val-d'Oise. Le gouvernement souhaite donc durcir les peines sur les rodéos-urbains dans le cadre de l'examen cette semaine à l'assemblée de la Lopmi, la loi d'orientation et de programmation du ministère de l'Intérieur.

Plusieurs amendements ont été déposés par la majorité. L’objectif premier, c’est de durcir les sanctions. Elles pourraient désormais aller jusqu'à 45.000 euros d'amende et trois ans de prison contre 15.000 euros et un an de détention aujourd'hui.

Des sanctions aussi contre les rodéos nautiques

Les députés veulent aussi accélérer la destruction des deux-roues. Sur le modèle britannique, cela pourrait intervenir dès l'arrivée à la fourrière et non plus au bout de sept jours. Une mesure qui satisfait particulièrement la maire (LR) de Pontoise Stéphanie Von Euw.

"Ce qui m'intéresse dans les propositions qui ont été faites, c'est notamment tout ce qui cible la confiscation et la destruction des engins. C'est ça qui peut permettre d'endiguer davantage le fléau. C'est la clef, c'est l'arme contre ce délit", indique-t-elle.

"Parce que si c'est confisquer pour les stocker dans des fourrières qui sont déjà surchargées, et ensuite les rendre à leur propriétaire, ça n'a aucun intérêt à part des dépenses en termes de gestion administrative. Donc si aujourd'hui, on a la loi qui facilite cette confiscation et cette destruction en la rendant quasi-systématique, c'est une très bonne chose", juge-t-elle encore.

La majorité veut également élargir les saisies des véhicules. Ne serait plus seulement concernée la moto utilisée, bien souvent sans immatriculation, mais tous les véhicules qui appartiennent à l'auteur des faits. Une mesure qui serait en revanche inefficace pour les mineurs.

Autre disposition prévue par le législateur, pénaliser les pratiques des rodéos nautiques. Entre 500 et 15.000 euros d'amende pour les utilisateurs de jet-ski qui mettent en danger la vie des nageurs ou des plaisanciers durant l'été.

Jérémy Trottin avec Guillaume Descours