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A Miami, les banques alimentaires prises d'assaut à cause de la crise du coronavirus

Trump-Biden, duel pour la Maison Blanche - Avant l'élection présidentielle du 3 novembre aux Etats-Unis, nos reporters nous font découvrir chaque matin, les principaux enjeux de ce scrutin de la Floride à Washington.

À Miami en Floride, la crise économique, conséquence du covid-19, fait des ravages comme un peu partout dans le pays. Tombé à 3,5% avant le début de l’épidémie, le taux de chômage a explosé depuis mars dernier pour atteindre près de 7%. Autre conséquence de cette crise, les banques alimentaires sont prises d’assaut par les habitants en difficulté. 

Une file de voitures ininterrompue avance très lentement sur l’une des artères de ce quartier excentré de Miami. Les conducteurs patientent ici pour récupérer, gratuitement, des vivres. 

Dans un ballet réglé au millimètre, des bénévoles déposent les boîtes de nourriture directement dans les coffres des voitures. Yury, mère célibataire avec trois enfants à charge, ouvre l’un de ces cartons qu’elle vient tout juste de récupérer. “J’ai du lait, des saucisses, du fromage, des boulettes de viande”, décrit-elle.

De quoi remplir le frigo pour au moins dix jours ce qui soulage cette employée d’une société de sécurité.

"C’est la première fois que je viens dans une banque alimentaire. Parce que je traverse une période difficile. Avec la crise, beaucoup de gens ne font plus appel à moi. J’ai des factures en retard. La nourriture est donc une priorité pour nous. J’ai hâte de rentrer chez moi et de montrer à mes enfants ce que je n’ai pas attendu plus d’une heure et demi pour rien”, indique-t-elle soulagée. 

Augmentation de 600%

Dans le sud de la Floride, le volume des distributions alimentaires a augmenté de 600% depuis le début de la crise du coronavirus. Une explosion de la pauvreté que constate à chaque distribution, Christina Sorensen, l’une des responsables du conseil de quartier. 

“Parfois, il y a des gens qui arrivent dès 4 heures du matin pour être sûr d’être servis. C’est très étonnant comme les choses évoluent: nous distribuons de la nourriture pour 1000 foyers chaque semaine. La demande n’a pas faibli. Elle est même plus forte aujourd’hui qu’en avril”, affirme-t-elle. 

Assistante juridique au chômage, Margy vient chaque semaine bénéficier de cette aide alimentaire. Mais loin d’elle l’idée de remettre en cause la gestion de la crise par Donald Trump. “Je ne peux pas en vouloir au président. C’est comme ça. Il gère du mieux qu’il peut. Nous, on doit juste faire avec”, confie-t-elle. 

Une aide salvatrice

Le programme d’aide alimentaire est financé en partie par l’actuel gouvernement. Cette aide permet d’éviter que le pays ne sombre totalement relève Paco Velez, le président de l’organisation caritative chargée de rassembler les denrées alimentaires. 

“Ma crainte, c’est que le désespoir de certaines familles que nous constatons maintenant, ce désespoir se transforme en quelque chose de plus dramatique. Nous serions alors dans une situation où certaines personnes seraient prêtes à tout pour être sûres de pouvoir nourrir leurs enfants”, indique-t-il. 

Les deux candidats à l’élection ont promis de continuer à soutenir le programme d’assistance alimentaire tant que la crise économique qui frappe les Etats-Unis ne sera pas officiellement terminée. 

Nicolas Ropert et Caroline Philippe avec Guillaume Descours