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Accès aux origines des enfants nés par PMA avec un don: "On a le droit de savoir à qui on doit d’être né", témoigne Arthur Kermalvezen

Le gouvernement veut avec la loi Bioéthique ouvrir aux personnes conçues par PMA avec un don, d'avoir accès à leurs origines à leurs 18 ans s'ils en ressentent le besoin.

Grâce à la nouvelle loi de Bioéthique actuellement examinée à l’Assemblée nationale, les personnes conçues par PMA avec un don de sperme ou d’ovocyte pourront avoir accès à "leurs origines". À partir de leurs 18 ans et à leur demande, ils pourront avoir accès à des données sur leur donneur. 

Une évolution vis-à-vis de la loi de 1994. En effet, celle-ci stipulait que tout don de gamètes doit être gratuit et anonyme, pour toute la vie des donneurs. Les enfants qui naîtraient donc après l’adoption de la loi Bioéthique pourrait donc retrouver leur géniteur. Ceux nés avant par contre ne le pourront pas car la levée de l’anonymat ne sera pas rétroactive. 

Pour Arthur Kermalvezen, fondateur de l’association origines et né d’une PMA, "l’accès aux origines" est une avancée majeure et nécessaire.

"Les origines, c’est comme l’argent. Il n’y a que ceux qui en ont qui vous dirons que ce n’est pas important. Il faut connaître la privation des origines pour savoir ce que c’est. Moi, j’ai un père, une mère et un géniteur. Et finalement ça devient important surtout quand on atteint l’âge où l’on se pose les questions existentielles. On a le droit de savoir à qui on doit d’être né. C’est une question d’humanité", affirme-t-il. 

Pas d'obligation de rencontrer les enfants pour les donneurs

Selon lui, pour les enfants nés d’une PMA, la question des origines est plus complexe. Il affirme que pour lui, qui a pu rencontrer son géniteur, tout à changer à partir de ce moment-là.

"Ça fait du bien de se savoir et de se sentir comme les autres. Et aujourd’hui je me sens enfin comme les autres. Je sais à qui je dois d’être né", explique-t-il. 

Des arguments qui ont aussi été portés par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, devant l’Assemblée. "La personne née d'un don a parfois besoin d'obtenir des informations pour mieux se connaître, mieux se construire. Nous ouvrons aux enfants nés d'un don l'accès à leurs origines", mais il ne s'agit pas "d'une levée de l'anonymat du don de gamètes", a-t-elle insisté.

Elle a également précisé que "les donneurs n'auront jamais l'obligation de rencontrer les enfants nés d'un don" et qu'"en rien un donneur de gamète n'est un père".

Guillaume Descours