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Agressions des médecins en hausse: "C'est écœurant, on a l'impression de n'avoir aucune reconnaissance"

Selon des informations de BFMTV, le nombre d'agressions rapportées par les professionnels de santé a bondi de 8,8% en un an. 1126 agressions déclarées contre 1035 en 2017.

Pressions, injures, dévalorisation, jusqu'aux rayures sur la voiture et aux violences physiques. 1126 déclarations en tout en 2018, un chiffre jamais atteint, c'est une centaine de plus qu'en 2017. Le Nord et les Bouches-du-Rhône sont les deux départements où l'on recense le plus d'incidents. Dans 70% des cas, l'incident concerne un médecin généraliste.

Et plus d'une fois sur deux, l'agresseur est le patient. Les professionnels rapportent principalement des agressions verbales et des menaces, elles concernent deux tiers des incidents.

A Tourcoing, le docteur Legrand a enregistré la dernière agression Des insultes, des menaces de mort pour un résultat d'analyses reçu trop tard selon cette patiente qu'il suit pourtant depuis 15 ans:

"C'est dur parce qu'on a fait notre travail tout à fait normalement et on a pris en charge avec beaucoup de bienveillance sa pathologie. Se faire agresser comme ça, c'est juste écœurant. Ce sont des blessures psychologiques dans le sens où on a l'impression de n'avoir aucune reconnaissance pour tout ce qu'on a fait avant".

"Un bouton d'alarme"

Depuis son installation dans ce quartier sensible de Tourcoing, il a signalé plus d'une trentaine d'agressions dont une séquestration l'an dernier.

Jean-Paul Ortiz, président de la Confédération des Syndicats Médicaux Français, exige des mesures rapidement pour protéger la profession: "Il faut qu'il y ait un bouton d'alarme qui soit relié au service de gendarmerie ou de police. Il faut éventuellement, lorsque les médecins le souhaitent, que nous ayons des systèmes de caméra de surveillance, en particulier aux abords des cabinets médicaux. Ce n'est plus tolérable pour notre profession".

Et selon lui, ces chiffres, en hausse, sont sous-estimés car les médecins n'osent pas toujours parler et signaler les agressions qu'ils subissent.

Caroline Philippe, Anaïs Bouitcha avec Paulina Benavente