RMC

Baisse du dépistage du cancer du sein: "Les gens se disent que 'c’est pour les autres'"

Seulement une femme sur deux profite du dépistage organisé du cancer du sein, selon les chiffres communiqués par le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). En cause notamment, une peur du surdiagnostic. Selon Martine Hervé, présidente de l’association Vivre comme avant, les patientes minimisent les risques.

Martine Hervé, présidente de l’association Vivre comme avant.

"Les gens se sentent intouchables quand ils n’ont jamais rien eu. Ils se disent: ‘c’est pour les autres, moi ça ne m’arrivera pas ‘. D’autres femmes font l’autruche et ne veulent surtout pas en entendre parler.

On a quand même près de 53.000 nouveaux cas par an et il y a plus de 10.000 décès du cancer du sein par an. C’est beaucoup. Il faut se faire dépister même si ce n’est pas toujours facile.

"On se dit que c’est petit et que ça ne va pas s’aggraver"

La publicité du surdiagnostic est très ennuyeuse. Certes, il y a des traitements que l’on pourrait éviter mais comment savoir qu’une tumeur ne va pas évoluer? On se dit que c’est tout petit et que ça ne va pas s’aggraver mais est-ce qu’on prend le risque? Est-ce qu’on ne le prend pas? Le dépistage reste le seul moyen pour diagnostiquer un cancer du sein, même si on ne peut pas tout déceler à la mammographie.

On découvre pas de mal de cancers lors des dépistages. Une de mes nièces vient d’apprendre qu'elle est atteinte d'un cancer du sein. Je suis allée la voir pour lui demander si elle faisait ses mammos elle m’a répondu que ça faisait sept ans qu’elle n’en avait pas fait. Il faut prévenir cela. La vigilance est primordiale. La moindre rougeur, la moindre déformation, un écoulement, une grande fatigue, il y a quand même plein de signes qui peuvent alerter. Des fois, les femmes n’ont rien du tout et découvrent du jour au lendemain qu’elles sont atteintes d’un cancer.

"Il est important d’écouter son corps"

C’est un peu le serpent de mer qui revient en disant qu’il y a trop de mastectomies, trop de surdiagnostic. Mais pour l’instant, on n’a pas grand-chose d’autre à proposer. 

Il faut prévenir les femmes qu’il est important de se connaître, d'écouter son corps, et les sensibiliser à la question. Il y a tellement d’informations que l’info tue l’info quand il y en a trop. Après, on regrette de ne pas l’avoir fait."

Propos recueillis par Julie Breon