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Brexit: la crainte d'une pénurie de médicaments

Alors que se profile un Brexit sans accord avec l'UE, le secteur des pharmaciens est inquiet. Les deux tiers des médicaments sont importés au Royaume-Uni et le Brexit pourrait retarder leur arrivée sur le territoire.

Les dirigeants des 27 pays membres de l'Union européenne ont opposé mardi une fin de non-recevoir à l'exigence des autorités britanniques de renégocier l'accord pour la sortie du Royaume-Uni le 29 mars et le "filet de sécurité" prévu pour l'Irlande. Ce système doit éviter le retour d'une frontière physique entre la région britannique, l'Irlande du Nord et le pays, la République d'Irlande. Pour cela, l'Irlande du nord continuerait à suivre des règles européennes. Un piège pour les eurosceptiques qui ont donc voté pour le renégocier. Problème: les dirigeants européens n'ont aucune intention de rouvrir des discussions qui ont pris deux ans. Un Brexit brutal est donc plus que jamais d'actualité.

Dans deux mois, le Royaume-Uni pourrait redevenir un pays tiers aux yeux de l’Union européenne. Ce qui signifie notamment le retour des contrôles douaniers et des droits de douanes. Ce qui inquiète le secteur de la pharmacie. Deux tiers des médicaments sont importés au Royaume Uni. Si des retards d’approvisionnement interviennent, ils pourraient avoir de graves conséquences.

"Beaucoup de patients s'inquiètent"

David est diabétique depuis 40 ans. Ce Londonien doit toujours avoir une dose d’insuline à portée de main: "C’est ce qui me maintient en vie. Si je ne l'ai pas, en 4 ou en 6 jours, je peux mourir".

Mais cette insuline n’est pas produite au Royaume-Uni et doit être importé du continent. Pour David, l’accord sur le Brexit, représente donc un peu plus qu’un accord commercial: "Moi, ma préoccupation, ce n'est pas de savoir si je vais être plus riche ou moins riche si on sort de l’Europe sans accord. Ce n'est pas de savoir s’il y aura des embouteillages de camions à la frontière. Non, moi je me demande si je pourrais toujours trouver de l’insuline dans les pharmacies. Et ça, c'est une question de vie ou de mort".

Une menace de pénurie qui ne concerne pas uniquement l’insuline. Deux tiers des médicaments consommés au royaume uni sont importés. Les patients se posent donc beaucoup de questions. Abbas est pharmacien dans l’ouest de Londres: "J’ai des patients qui s’inquiètent et qui me demandent de leur donner plus de médicaments que ce que leur médecin leur a prescrit. Ils veulent faire des stocks, en fait".

De son côté, le gouvernement assure qu’il n’y aura pas de pénurie. Les médicaments arriveront à temps, et s’il le faut, promet-il, nous les ferons venir par avion. 

Marie Régnier avec Paulina Benavente