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"C'est inhumain, je ne suis pas un chien": le calvaire de Nunciata, en situation de handicap, pour accéder à son appartement

À Vénissieux, Nunciata, en situation de handicap, doit monter les marches sur les fesses pour atteindre son appartement.

Des spots télé et des portraits photos pour sensibiliser les Français aux différents handicaps: c'est toute l'ambition du gouvernement qui lance aujourd'hui sa campagne de sensibilisation, la première depuis 15 ans. 

Si 3.5 millions d'euros ont été posés sur la table, les associations estiment toutefois que cette campagne rate sa cible: elle ne montre pas la réalité concrète des personnes handicapées.

RMC a donc voulu montrer la galère quotidienne que subissent certaines personnes en situation de handicap, comme Nunciata, à Vénissieux, dans le Rhône.

En situation de handicap, elle doit monter plusieurs fois par jour les marches de son immeuble sur les fesses pour atteindre son appartement. Assise au milieu de l'escalier, elle pousse sur ses bras pour monter les marches une par une. Un calvaire qui se reproduit tous les jours, depuis 10 ans. En cause: dans son immeuble, l'ascenseur est trop petit pour son fauteuil roulant. Pourtant, il suffirait d'installer une rampe.

"Voilà, une fois ici, j'attrape mon fauteuil roulant et je le tire. Qu'il pleuve, qu'il neige, je fais la même chose, je me trimballe par terre, avec l'escalier mouillé... C'est inhumain, je ne suis pas un chien!" dénonce-t-elle. 

Bloquée 12 mois au 9ème étage

Une association a pourtant accepté de payer pour qu'une rampe d'accès soit installée dans son immeuble mais la régie immobilière refuse. 

"Ils me voient bien trainer par terre, et personne ne bouge. Ils ne se mettent pas à notre place..." souffle-t-elle.

Le calvaire de Nunciata n'est pas du tout un cas isolé, selon Malika Boubekeur, membre de l'association APF France Handicap: "Il y a des personnes également qui vivent dans des immeubles avec ascenseur, mais qui tombent en panne. Nous avons par exemple eu le cas d'une personne qui est restée bloquée chez elle 12 mois au 9ème étage".

Les associations regrettent que cette réalité-là soit absente de la campagne de sensibilisation et que les spots ne montrent à aucun moment le quotidien des personnes handicapées.

Gwenaël Windrestin et Anne-Lyvia Tollinchi