RMC

Christine, séropositive depuis 30 ans: "Le plus dur, c'est d'avoir cette épée de Damoclès au-dessus de la tête"

-

- - -

La 25e édition du Sidaction débute ce vendredi. Si les traitements ont progressé, les associations alertent sur la banalisation du virus. RMC a rencontré Christine, porteuse du virus du sida depuis l’âge de 20 ans.

La 25e édition du Sidaction débute ce vendredi. Si les traitements ont progressé, les associations alertent sur la banalisation du virus. RMC a rencontré Christine, porteuse du virus du sida depuis l’âge de 20 ans.

Les associations alertent: 25 ans après la première édition du Sidaction, le virus est toujours là. Et ces associations alertent sur la "banalisation" de la maladie. Même si les traitements ont beaucoup progressé, ils ne permettent pas d'éliminer le virus de l'organisme.

Ce vendredi, Christine a accepté de raconter à RMC son quotidien. Cette femme de 50 ans a été contaminée en 1990: "Le premier petit copain que j’ai eu, j’ai été contaminé, et c’est comme ça que malheureusement un seul rapport parfois peut changer le cours d’une vie. Le sida c'était les homosexuels, les toxicomanes, je me suis demandé comment j'avais pu l'attraper, ça m'est vraiment tombé dessus, pour moi je n'étais pas une personne à risque du tout".

A l'époque, la nouvelle tombe comme un coup de massue: "J'étais joueuse de foot, de haut niveau et ma carrière était tracée. Quand on apprend cette nouvelle, le monde s’écroule, je vais mourir. Le sport je n'en ferai plus, je n'aurai plus d'enfant, je n'aurai plus de vie de couple. Ça a été un peu tout ce quotidien qu'il a fallu que j'apprivoise et surtout que j'accepte".

"Ces traitements, ce n'est pas anodin"

Aujourd'hui, Christine travaille, elle entraîne des petites filles dans un club de football, un sport qui lui donne la "force de combattre le virus". Car si les traitements ont évolué, la maladie reste présente:

"C'est lourd, être séropositif. Ces traitements, ce n'est pas anodin, c'est pas un doliprane. Je ne peux pas vivre 8 heures non-stop de boulot parce que mon corps est fatigué. Le plus dur pour moi aujourd'hui, c'est de me dire que j'ai une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Je ne peux pas me projeter. Quand on a failli mourir plusieurs fois, on peut juste se dire qu'on est heureux d'être en vie".

Le nombre de porteurs du VIH en France est évalué à environ 172.000, dont 24.000 sont séropositifs sans le savoir.

Les dons pour le Sidaction peuvent être faits par téléphone (110, appel gratuit), par SMS (envoyer "DON" au 92110 pour un don de 5 euros) et par Internet (www.sidaction.org).

Marie Monier, Laura Taouchanov avec Paulina Benavente