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Coupe du monde: Santé publique France alerte sur les graves risques liés aux paris sportifs

Avec la campagne "Parier, c'est pas rien", Santé Publique France tente d'alerter sur les risques liés aux paris sportifs, à un mois de la Coupe du monde au Qatar. L'addiction arrive vite: en 2021, 47% des demandes d'aide et d'information traitées par Joueurs Info Service concernaient les paris sportifs.

72% des parieurs sportifs ont entre 18 et 35 ans, d'après la dernière étude sur le sujet de Santé Publique France. Sur 100 parieurs sportifs, une quinzaine risque de basculer dans une pratique problématique.

Pour lutter contre l'addiction, qui peut vite arriver, Santé Publique France a lancé, mardi, une campagne de prévention intitulée "Parier, c'est pas rien". Objectif: diminuer le nombre de parieurs à usage problématique, surtout à un mois de la Coupe du monde au Qatar.

Les chiffres autour des paris sportifs sont saisissants. Entre 2014 et 2019, les montants misés par les parieurs ont quasiment triplé (x2,8) et sur les 3.635 demandes d'aide et d'information auprès de Joueurs Info Service en 2021, 47% étaient liées à ces paris.

"Tout ce que j'ai misé, j'ai perdu"

Boubacar, 20 ans, touche le SMIC. Depuis le début du mois, il a misé "au moins 350 euros", indique-t-il. Le problème? "Tout ce que j'ai misé, j'ai perdu". Pourtant, il ne se sent pas dépendant. "Non, je ne suis pas accro, mais quand ça me prend, quand je veux le faire, je vais le faire", dit-il.

Santé Publique France explique que "la bascule vers le jeu problématique commence souvent par un gain, puis la perte, l’espoir de se refaire et l’escalade vers des pertes financières de plus en plus importantes".

Surendettement, isolement, problèmes familiaux

C'est précisément là, dans cet espoir de "se refaire" que l'addiction arrive petit à petit. "En plus, les joueurs ont tendance à considérer les paris moins comme un jeu de hasard que d’habileté", ajoute l'organisme.

De plus, les joueurs sont souvent issus de milieux modestes et sont plus fréquemment chômeurs, de quoi rendre leurs situations financières encore plus difficiles. Les conséquences sont réelles: surendettement, problèmes familiaux, isolement social et suicide dans les cas les plus graves.

"Ce sont des gens qui sont complètement lessivés, avec des situations familiales, personnelles et sociales qui se dégradent et avec de véritables souffrances et des syndromes dépressifs réactionnels vraiment très importants. ll y a une nécessité de prise en charge par la suite", affirme Dan Velea, addictologue, qui voit venir de plus en plus de patients pour ce type d'addictions.

Un site pour aider et informer les joueurs et les familles

Pour les joueurs et leurs familles, qui ont besoin d'aide ou d'information, le dispositif Joueurs Info Services est là pour ça. "Une ligne téléphonique 09 74 75 13 13, accessible 7 jours/7 de 8h à 2h du matin, anonyme et non surtaxée. Elle permet de mettre les joueurs ou leur entourage en relation avec des écoutants et de leur délivrer les premiers conseils".

Il y a aussi le site internet où se trouvent de nombreuses informations. On y trouve des "conseils pratiques et juridiques" mais aussi "un annuaire de 3.000 structures spécialisées en addictologie".

A.B avec Kévin Gasser