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Covid-19: comme Angela Merkel en Allemagne, et si Emmanuel Macron et ses ministres demandaient "pardon"?

La chancelière s'est excusée après avoir voulu renforcer les mesures de restrictions pour le week-end de Pâques en Allemagne.

Un mea-culpa qui en amènera d’autres ? À la surprise générale, la chancelière allemande Angela Merkel a reconnu mercredi avoir fait "une erreur" en voulant durcir pour le long week-end de Pâques les règles sanitaires anti-Covid en Allemagne et a confirmé l'abandon de ce projet qui avait provoqué des critiques de toutes parts.

"Une erreur doit être appelée une erreur et, plus important encore, elle doit être corrigée et si possible à temps", a déclaré la chancelière lors d'une allocution, à l'issue d'une réunion d'urgence avec les dirigeants des Etats-régions allemands. “Je sais que cette proposition a provoqué une incertitude supplémentaire, je le regrette profondément et pour cela, je demande pardon à tous les citoyens", a-t-elle ajouté.

Des excuses pas très habituelles dans le monde de la politique. Alors est-ce que d’autres dirigeants lui emboîteront le pas? Pour Apolline de Malherbe, les dirigeants français devraient suivre cet exemple. 

“Emmanuel Macron ou Jean Castex pourrait dire qu’il y a des erreurs sur l’attestation, sur les choix qui sont faits. Chez nous, on a Jean Castex qui nous a dis pendant 25 minutes la semaine dernière que nous étions les meilleurs. On a Emmanuel Macron qui montre qu’il est très en colère, mais ce n’est jamais de sa faute. C’est la faute de son gouvernement ou de ses ministres”, indique-t-elle.

Et il est vrai qu’Emmanuel Macron se fait plutôt discret depuis un petit moment. Le contraste avec le printemps 2020 est saisissant. Le chef de l’Etat s’était exprimé à 20h quatre fois en un mois, mais depuis l’automne, il se montre beaucoup plus discret. Sa dernière grande interview remonte au 4 décembre, face au média en ligne Brut et sa dernière allocution hormis les vœux pour la nouvelle année, date du 28 octobre, il y a 5 mois, c’était pour annoncer le deuxième confinement. 

À part ça, il y a bien eu quelques interviews très ciblées, comme celle accordée à France 5 cette semaine uniquement sur la Turquie, quelques réponses aux journalistes lors de ses déplacements sur le terrain, une très brève intervention sur TF1 pour parler des vaccins, mais pas de déclaration solennelle. C’est un trio qui est désormais chargé d’annoncer et d’expliquer la politique du gouvernement: Jean Castex, Olivier Véran et Gabriel Attal.

"Il faut de la transparence"

Julien Denormandie, le ministre de l’Agriculture, a assuré ce matin sur RMC que le gouvernement ne cherche pas à se défausser. 

“Cette franchise est absolument nécessaire. Cette crise que l’on gère depuis un an maintenant, elle impose beaucoup d’humilité et elle impose aussi beaucoup de transparence. Et c’est ce qu’on s’emploie à faire. On s’emploie à reconnaître quand des choses marchent et d’autres marchent moins bien. Il ne faut jamais se défausser”, assure-t-il.

Pour David, auditeur de RMC, Angela Merkel a fait son travail ce que ne sont pas capables de faire nos dirigeants en France. 

“Elle a fait des erreurs, elle les admet et elle revient dessus et s’excuse. Nous ça ne risque pas d’arriver, ils ne vont pas s’excuser Véran et compagnie. 
De toute façon, ils sont tellement imbus de leur personne. Moi, ils me sortent par les yeux, j’espère simplement que dans un an, ils vont dégager. Tous les gens autour de moi n’en peuvent plus”, appuie-t-il. 
Guillaume Descours avec AFP