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Covid-19: des milliers d'enfants vont tester le vaccin moderna

Le vaccin pour le moment n'est autorisé que pour les plus de 18 ans, en France notamment. Alors parents et enfants sont-ils prêts?

Des milliers d'enfants vont tester le vaccin Moderna. Le laboratoire américain a annoncé hier le début des essais cliniques aux Etats-Unis et au Canada, sur 6750 enfants et bébés âgés de 6 mois à 11 ans. Les doses sont moins élevées que chez l'adulte.

Mais ne parlez surtout pas de vaccin à Zoé, en CP. “Je ne veux pas me faire vacciner. J’ai peur des piqûres”, indique-t-elle.

Sa mère, Géraldine, est contre elle aussi. “Vu ce qui se passe avec le vaccin AstraZeneca, effectivement, ça fait un peu peur. Je ne suis pas sûr d’avoir envie que mes enfants soient les cobayes”, indique-t-elle.

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D'autres parents sont moins catégoriques, comme Cyril. 

“Si c’est contraint, on n’aura pas le choix, on le fera. Mais si c’est libre à chacun, on verra plus tard”, affirme-t-il.

Pour le moment, les pédiatres s'accordent sur une chose, nous dit la présidente de la société française de pédiatrie, il est trop tôt pour vacciner les enfants. Car le risque est moindre chez les plus jeunes. “Le virus est peu présent chez les enfants. Et ces derniers font des formes tout à fait bénignes de la maladie”, assure Christelle Gras Le Guen.

Des enfants déjà vaccinés en Israël

Pour autant, il y a débat entre spécialistes car certains estiment qu'il faudra vacciner les enfants plus tard, pour sortir de l'épidémie dans les écoles notamment. Il faut prendre un maximum de précautions selon cette pédiatre.

“Si on vaccine les enfants aujourd’hui ça sera sans bénéfice direct pour eux. On les vaccinera pour la collectivité, pour limiter la circulation du virus. Ce qui signifie qu’on ne peut pas les vacciner avec un produit qui ne soit pas totalement validée. On vaccinera les enfants, lorsqu’on aura établi l’absence de risque”, assure-t-elle.

Elle précise qu'il y a tout de même une petite minorité d'enfants les plus fragiles atteints de pathologies très graves qu'il faudra vacciner en priorité. C'est ce que fait Israël de manière très stricte indique sur place, le professeur en immunologie Cyrille Cohen, qui conseille le gouvernement israélien sur les effets des vaccins.

“On fait du cas par cas pour quelques centaines d’enfants qui ont des maladies très graves comme des insuffisances pulmonaires. Ce sont souvent les parents qui demandent la vaccination pour limiter le risque”, explique-t-il.

Aucun effet indésirable particulier n'a été remarqué indique ce spécialiste. En France, avant de vacciner les plus petits, les pouvoirs publics sont en train d'organiser des essais cliniques. Ils recrutent actuellement des mineurs volontaires avec l'accord de leurs parents.

Nicolas Traino et Florian Chevallay avec Guillaume Descours