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Covid: faut-il vraiment s'inquiéter du variant Omicron?

Le variant Omicron serait plus contagieux que ses prédécesseurs mais moins virulent. En attendant, le gouvernement français continue de miser sur la vaccination et veut écarter toute nouvelle mesure drastique.

Le gouvernement veut éviter l'explosion. Alors que l'épidémie de Covid-19 boosté par le variant Delta et la cinquième vague semblait atteindre son pic, le variant Omicron menace et le nombre de nouvelles contaminations quotidiennes remonte. Du côté de l'exécutif, on n'envisage pas de nouvelles mesures drastiques mais quelques festivités ont déjà été victimes d'Omicron. 

"On a déjà annoncé des mesures pour le 31 décembre avec l'interdiction des grands rassemblements. On appelle à réduire les contacts. Concernant Noël, les Français ont déjà montré qu'ils étaient responsables, ils savent comment s'en protéger", a tenté de rassurer ce mardi matin sur France 2 le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.

Lueur d'espoir, en Afrique du Sud, d'où serait originaire le variant Omicron, le pic de la vague semble passé et les hospitalisations et décès liés n'auraient pas explosé. Au Royaume-Uni, on recensait 104 hospitalisations et 12 morts malgré l'explosion des nouveaux cas quotidiens.

"Il faut rester prudent"

"Ce variant est apparu dans une situation particulière avec des gens peu vaccinés et beaucoup de séropositifs. C'est ce qui a pu le faire émerger très vite. Mais il y a eu peu d'hospitalisations et de décès", assure dans "Estelle Midi", ce mardi sur RMC, l'infectiologue Robert Sebbag. Quant au Royaume-Uni, il ne faut pas oublier le variant Delta qui "n'est pas mort", rappelle-t-il. "Omicron représente environ 50% des contaminations", ajoute-t-il. 

Concernant la France, le retard en terme de séquençage ne permet pas de jauger aussi facilement de la présence d'Omicron dans le pays. "Je pense qu'il faut quand même garder son calme. Il y a des lueurs qui ne devraient pas trop nous inquiéter mais il faut rester prudent. Le décalage entre nouveaux cas et arrivées en soins critiques est d'environ trois semaines", ajoute Robert Sebbag. Prudence donc, mais pas besoin d'insuffler un vent de panique, plaide l'infectiologue.

"On est dans une des rares phases de l'épidémie où on ne sait pas ce qu'il se passe et plus on avance dans le temps, plus on est rassuré", assure l'épidémiologiste Martin Blachier, pas connu pour s'inquiéter. Il se donne trois à quatre jours pour observer la situation au Royaume-Uni et déterminer si l'on se dirige vers un scénario optimiste ou pessimiste.

Le variant Omicron apparaît pour l'instant bien plus contagieux mais moins virulent que ses prédécesseurs. De quoi rassurer certains spécialistes qui pensent que ces caractéristiques empêcheront la saturation des hôpitaux. Mais en toute logique, un virus plus contagieux a statistiquement plus de chance de toucher plus de monde. Donc plus de personnes à risque. Comme depuis deux ans, la prudence reste de mise.

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G.D.